Centre-Val de Loire

Portrait culturel

Date de publication : 28/01/22, Dernière mise à jour : 19/05/22

Bien que rebaptisée à l’issue de la loi relative à la Nouvelle organisation du territoire de la République, le Centre-Val de Loire fait partie des circonscriptions régionales qui n’ont pas fusionné en 2016. C’est la septième région en termes de superficie, la douzième en matière de population et de contribution à la richesse nationale. La région compte six départements!!!: le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret!!!; 79 établissements publics de coopération intercommunale et deux métropoles, Orléans et Tours, qui rassemblent chacune 22!!!communes.

—    Données de contexte 


Géographie

Au sud-ouest de l’Île-de-France, composée des anciennes provinces historiques de la Touraine, de l’Orléanais et du Berry qui ont fait les riches heures de la monarchie, la région Centre-Val de Loire reste marquée par l’influence de la région capitale.
Avec 2,6 millions d’habitants pour une superficie de 39 150 km², la région reste peu densément peuplée : 66 habitants au km² contre 105 habitants à l’échelon national et 118 à l’échelon métropolitain. Les deux départements les plus peuplés sont ceux qui abritent les métropoles régionales : avec près de 700 000 habitants, le Loiret rassemble un quart de la population régionale (26 %), et l’Indre-et-Loire un peu moins d’un quart (23 %). L’Indre est le département le moins peuplé et rassemble 9 % de la population régionale. Un quart de la population régionale vit dans un espace densément peuplé et près de la moitié (49 %) dans des espaces peu ou très peu denses.
Les deux métropoles, Tours (136 500 habitants) et Orléans (116 200 habitants), forment les deux principaux pôles d’attractivité urbaine de la région. 540 200 personnes vivent dans des communes dont le pôle d’attractivité est constitué par la métropole tourangelle, et 448 800 dans le pôle d’attractivité d’Orléans. Les autres zones d’attractivité sont rassemblées autour de communes de taille moyenne, le long de la Loire (Blois, Vendôme) ou dans le Berry (Bourges, Châteauroux, Vierzon, Issoudun). Au cours des dernières décennies, les zones urbaines se sont étendues sous l'effet de la périurbanisation caractérisée par l'arrivée de ménages travaillant dans les établissements du centre urbain mais résidant dans des communes plus éloignées. Enfin, un habitant sur dix vit dans des communes situées hors zone d’attraction des villes.
Traversée d’est en ouest par la Loire qui forme l’axe ligérien le long duquel sont nées des agglomérations organisées autour d’activités fluviales, la région est également structurée par des axes routiers et ferroviaires qui la relient à l’Île-de-de-France et à Paris.
72 % des surfaces sont des territoires agricoles, contre 51 % en France ; la part des forêts et milieux semi-naturels en revanche, est moindre (23 % contre 31 % en France).
L’influence de l’agglomération parisienne s’exerce sur les quatre départements du Centre-Val de Loire qui se trouvent dans le Bassin parisien et l’emprise économique régionale de Paris s’étend au-delà des sept autres départements de l’Île-de-France. Ainsi, douze départements des régions limitrophes entretiennent des liens plus ou moins intenses avec la région francilienne, ses nombreux emplois et son réseau de transport développé. En 2017, ce vaste espace, le bassin parisien, compte 19,1 millions d’habitants et près de 9 millions d’emplois. Quatre départements de la région Centre-Val de Loire en font partie : l’Eure-et-Loir, le Loiret, le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire. Ces départements représentant 10 % des habitants du Bassin parisien et 9 % de ses emplois. L’Eure-et-Loir constitue une frange francilienne très intégrée avec des navettes domicile-travail importantes à destination de l’Île-de-France. Le Loiret et l’Indre-et-Loire sont principalement liés à la capitale via les métropoles d’Orléans et Tours qui exercent également un rôle central sur leur environnement géographique proche en tant que pôle économique et administratif importants. Les interactions du Loir-et-Cher sont moindres avec la région francilienne mais intenses avec l’Indre-et-Loire et le Loiret. 

Démographie

Au 1er janvier 2018, 2,6!!!millions de personnes habitent en Centre‑Val de Loire. La population n’a pas augmenté entre 2013 et 2018, alors qu’elle augmentait de 0,4!!!% en France dans le même temps. Les soldes naturel et migratoire régionaux sont pratiquement nuls. Les deux départements les moins peuplés, l’Indre (-0,7!!!%) et le Cher (-0,5!!!%), connaissent une évolution annuelle négative, tandis que le Loiret, qui bénéficie notamment d’une certaine proximité avec l’Île-de-France, affiche un croissance positive (+0,4!!!%). La fécondité (1,89!!!enfant par femme) est proche de la moyenne nationale, et supérieure à 2 enfants par femme en Eure-et-Loir, tandis que la population est plus vieillissante qu’en France (94!!!personnes âgées de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans). L’indice de vieillissement est particulièrement élevé dans les trois départements qui perdent en population, l’Indre qui est l’un des départements français où la population est la plus âgée (137 personnes âgées de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans), le Cher (120) et le Loir-et-Cher (109). La part des retraités dans les professions et catégories sociales (31!!!%) est plus importante dans la région qu’en moyenne au niveau national (27!!!%).
La croissance démographique se concentre dans et à proximité des espaces les plus urbanisés sur la décennie 2006-2016. L’axe de la Loire, composé des deux métropoles régionales ainsi que les franges franciliennes continuent globalement de gagner des habitants, alors que la situation démographique des territoires les moins denses de la région se dégrade. La périurbanisation des deux métropoles régionales ralentit. La croissance de la population des métropoles de Tours et d’Orléans s’accélère alors que celle des communautés de communes voisines ralentit. Les communautés de communes situées à moins de 30 minutes en voiture d'une métropole maintiennent néanmoins une forte croissance, alors que celles situées à plus de 60 minutes perdent des habitants. La frange francilienne est moins attractive que durant la décennie précédente. Cette faiblesse du solde migratoire masque des flux importants : ces territoires continuent à attirer de très nombreux habitants, mais davantage encore les quittent. Les deux départements du Berry affichent une baisse de leur population plus prononcée qu’à la période précédente, sous l’effet conjugué de soldes naturel et migratoire négatifs.

Niveau de vie

En 2019, en Centre‑Val de Loire, le niveau de vie médian des ménages s’élève à 21!!!710 euros annuels!!!; il est très légèrement inférieur au niveau de vie médian en France métropolitaine (21!!!930). Dans le Loiret, il dépasse 22!!!000 euros, soit 1!!!680 euros de plus que dans l’Indre. Dans la région, 56,6!!!% des ménages sont imposés!!!; plus de la moitié des ménages fiscaux sont imposés dans tous les départements, à l’exception de l’Indre (48,7!!!% le sont). Le Centre-Val de Loire fait partie des six régions les moins inégalitaires!!!: l’écart entre le niveau de vie des ménages les plus démunis et celui des ménages les plus aisés y est de 3, contre 3,4 en moyenne nationale. Il est inférieur à 3 dans l’Eure-et-Loir, dans le Loir-et-Cher et dans l’Indre. Dans la région, les ménages les plus pauvres ont un niveau de vie inférieur à 12!!!130!!!euros tandis que celui des plus aisés est supérieur à 36!!!070!!!euros.
La région fait également partie des cinq régions où le taux de pauvreté est le plus faible!!!: il est de 13!!!% contre 14,5!!!% en moyenne en France métropolitaine. L’Indre et le Cher, les deux départements les moins peuplés, les plus touchés par le dépeuplement et affichant un indice de vieillissement supérieur à 100 sont aussi les plus touchés par la pauvreté!!!: 14,5!!!% de la population vit sous le seuil de pauvreté dans l’Indre, et 14!!!% dans le Cher. C’est dans l’Eure-et-Loir et dans le Loir-et-Cher (12,5!!!%), en revanche, que le taux de pauvreté est le plus faible.

Économie

Le produit intérieur brut (PIB) du Centre‑Val de Loire s’élève à 74 milliards d’euros en 2018, soit 3!!!% de la richesse nationale. Cela place la région à la douzième place en termes de création de richesse. Rapporté à la population, le PIB par habitant est de 28!!!930!!!euros, légèrement inférieur à la moyenne métropolitaine hors Île-de-France (30!!!270!!!euros), ce qui place la région à la position médiane entre le PIB par habitant le plus élevé, en Île-de-France, et le plus bas, à Mayotte. Le PIB par emploi (73!!!750!!!euros) est lui aussi légèrement inférieur à la moyenne métropolitaine hors Île-de-France, mais cela situe la région à la septième place!!!: la production de richesse par emploi est donc plutôt élevée, ce qui signale des emplois qualifiés.
La sphère productive en Centre-Val de Loire reste parmi les plus importantes des régions françaises (deux points de plus qu’en France). Elle représente 36!!!% des emplois. L’emploi est fortement productif dans 24 des 80 EPCI régionaux!!!: plus de 45 % de leurs emplois relèvent de la sphère productive, le plus souvent dans l’industrie et l’agriculture, secteurs qui ont connu les pertes d’emploi les plus importantes en dix ans. Les quatre centrales nucléaires de la région (Belleville-sur-Loire, Chinon, Dampierre-en-Burly, Saint-Laurent-des-Eaux) pèsent fortement sur l’orientation économique des intercommunalités concernées. Quelques communautés de communes péri-urbaines et la communauté d’agglomération de Vendôme font exception, avec notamment l’installation, dans cette dernière, d’entreprises dans les secteurs de l’automobile et l’aviation (Bosch, Thalès). La spécificité productive ou industrielle représente un atout pour ces territoires, mais elle peut s’avérer une fragilité en étant, parfois, très dépendante de quelques gros établissements[1].
Les activités de services aux entreprises sont plus concentrées dans les zones urbaines de la région. Ainsi, les deux métropoles de Tours et d’Orléans rassemblent 30 % des emplois régionaux contre 40 % des activités spécialisées, scientifiques et techniques (activités juridiques et comptables ; architectes et activités de contrôles techniques) et 32 % des emplois des activités de services administratifs (agences d’intérim, entreprises de nettoyage et de sécurité des bâtiments ou centres d’appel).

Marché du travail

En 2019, l’emploi croît de 0,8!!!% en Centre‑Val de Loire et atteint 1 million d’emplois en fin d’année. L’augmentation est la plus forte en Indre‑et‑Loire (+ 1,4!!!%). L’industrie regroupe 15!!!% des emplois de la région contre 12!!!% en France. Dans le Cher, l’Eure‑et‑Loir, l’Indre et le Loir‑et‑Cher, la part des emplois dans ce secteur industriel est supérieur à 16!!!%. Le secteur tertiaire marchand concentre 44!!!% des emplois, davantage dans le Loiret et l’Indre‑et‑Loire. L’agriculture est plus présente dans l’Indre (6!!!%) et le Cher (5!!!%). Dans ces deux départements, la part du tertiaire marchand est particulièrement faible (inférieure à 40!!!%)!!!; la part des emplois administratifs (tertiaire non marchand), en revanche, y est plus élevé que la moyenne nationale.
En 2018, 65,7!!!% des 15-64 ans sont en emploi dans la région, un taux plus élevé qu’en France (64,2%).
En 2020, le taux de chômage s’élève à 7,4!!!% de la population active régionale (8,0!!!% en France). C’est dans le Loir-et-Cher qu’il est le plus faible (6,5!!!%) et dans le Cher qu’il est le plus élevé (8,0!!!%).

Niveau d’éducation

En 2018 en Centre-Val de Loire, 41!!!% des habitants de 15 ans ou plus et non scolarisés, possèdent au minimum un diplôme de niveau bac (contre 47!!!% en moyenne nationale). Un quart de la population régionale est diplômée de l’enseignement supérieur, ce qui place la région à la dixième place en la matière. Les disparités sont fortes entre les départements pour les diplômés de l’enseignement supérieur!!!: de 30!!!% en Indre-et-Loire et 28!!!% dans le Loiret, qui sont aussi les départements qui accueillent les pôles universitaires les plus importants de la région, à 19!!!% dans l’Indre. À l’inverse, le Cher (22!!!%) et l’Indre (18!!!%) comptent la part de la population diplômée la plus faible de la région. 
La région abrite une proportion plus importante de diplômés CAP ou BEP qu’au niveau national!!!: trois personnes sur dix sont peu ou pas diplômées, une part légèrement supérieure à la moyenne nationale. L’Indre compte la part de personnes non diplômées la plus importante (34!!!%), devant le Cher (32!!!%). La part des diplômés du technique (BEP ou CAP) – également supérieure dans la région (29!!!%) à la moyenne nationale (25!!!%) - est la plus importante dans l’Indre (32!!!%), le Cher (30!!!%) et le Loir-et-Cher (31!!!%).

Qualité de vie

La région compte 1,4!!!millions de logements, dont 84!!!% sont des résidences principales. La part des résidences secondaires est assez faible (6!!!%) comparée à la moyenne nationale (10!!!%). La part des logements sociaux (14,8!!!%) est comparable à la moyenne nationale (15,1 %).
En Centre-Val de Loire, 6!!!% de la population habitent un quartier de la politique de la ville. La moitié de ces quartiers comptent moins de 2!!!000 habitants. On distingue trois profils de quartiers[2]. Dans les premiers, majoritairement présents sur la frange francilienne, les familles nombreuses sont surreprésentées et les situations d’emploi précaire plus fréquentes. Dans les deuxièmes, les habitants, qui bénéficient du dynamisme économique de leur agglomération, sont plus souvent en activité et reçoivent moins d’aides de l’État. Enfin, principalement dans le sud et l’agglomération tourangelle, la région abrite une troisième classe de quartiers dans lesquels la population, bien que plus précaire, présente un profil proche de son environnement.
Pour les habitants en âge de travailler, l’accessibilité quotidienne à l’emploi est une composante importante de leurs conditions de vie. Si la moitié du million d’actifs occupés du Centre-Val de Loire effectue un déplacement de proximité (même commune ou agglomération) pour se rendre sur son lieu de travail, l’autre moitié parcourt des trajets de plus en plus longs, du fait de la périurbanisation et de la concentration des emplois dans les grands pôles. 56!!!% de l’emploi régional est ainsi situé dans l’une des dix principales agglomérations. La moitié de ces déplacements est de plus de 20!!!kilomètres!!!; la voiture reste le mode de transport de 82!!!% de ces actifs[3].
Un peu plus de la moitié des déplacements hors trajets de proximité sont effectués sur 25!!!axes de circulation. Ces axes sont autant de lieux de vie que de transit entre les pôles!!!: 754!!!000!!!personnes y résident (un tiers de la population régionale). Ils attirent de nouveaux habitants et présentent une dynamique de l’emploi plus favorable que pour les territoires environnant, même au sein des territoires en déprise.
Enfin, 70!!!000!!!personnes - 7!!!% des actifs du Centre-Val de Loire - se rendent quotidiennement en Île-de-France pour travailler, principalement à Paris, Saclay et Rambouillet. Ils résident en particulier dans les franges franciliennes, mais également dans les deux métropoles de Tours (3!!!500!!!actifs) et Orléans (4!!!500!!!actifs). Leur nombre a augmenté de plus de 5!!!% entre 2012 et 2017, porté par les cadres et les employés, un phénomène qui contribue à structurer l’armature urbaine régionale[4].
Riche d’un patrimoine naturel et culturel mondialement connu, la région bénéficie d’une attractivité touristique essentiellement concentrée en Indre-et-Loire (31!!!% des nuitées touristiques), dans le Loir-et-Cher (23!!!%) et dans le Loiret (20!!!%). Au total, le Centre-Val de Loire comptabilisait 8,3!!!millions de nuitées à l’hôtel ou au camping en 2019.

—    Données culturelles 

Offre culturelle

Patrimoine, lieux de visite et de spectacle, médiathèques, bibliothèques et points de lecture, librairies labellisées…, la région Centre-Val de Loire compte un peu plus de 4!!!000 lieux et équipements culturels, dont 2!!!800 monuments historiques, une appellation qui définit des niveaux de protection des édifices en raison de leur caractère patrimonial, et un peu plus de 130 bâtiments labellisés «!!!Architecture contemporaine remarquable!!!», bâtis depuis moins de 100 ans. Tous ne se visitent cependant pas. Plus de 1!!!300 autres lieux et équipements culturels de visite, de spectacle ou de consultation maillent le territoire régional. Le Loiret et l’Indre-et-Loire rassemblent près de la moitié d’entre eux (respectivement 22!!!% et 21!!!%), tandis que l’Indre est le département le moins doté des six (12!!!%). Plus de la moitié des équipements sont situés dans des zones de faible densité (53!!!% en zone peu dense et 11!!!% en zone très peu dense), un équipement sur cinq l’est dans des zones de densité intermédiaire.
Sur les 800 lieux de lecture publique que compte la région, un tiers d’entre eux sont des bibliothèques ou médiathèques de plus de 100m2, et les autres sont des lieux de surface plus modeste, parfois de simples points relais desservis par la bibliothèque départementale de prêt. Ces lieux sont plus particulièrement implantés, comme c’est leur vocation, dans des zones peu ou très denses!!!: c’est le cas de 91!!!% des lieux de lecture publique de moins de 100!!!m2. 
Soixante-dix cinémas sont actifs en Centre-Val de Loire, pour un peu plus de 200 écrans et 40!!!300 fauteuils. Un cinéma sur cinq se trouve en zone densément peuplée, un tiers dans des zones de faible densité et le reste (44!!!%) dans des zones de densité intermédiaire. La part des cinémas classés Art et essai est plus importante dans les zones de faible densité!!!: les trois quarts des cinémas situés en zone peu dense sont classés Art et essai contre un cinéma sur trois en zone densément peuplée. En Eure-et-Loir et dans l’Indre, cela concerne la totalité des salles de cinéma en zone faiblement peuplée. Le classement Art et essai joue ainsi un rôle significatif. Si les conditions requises pour obtenir ce classement sont moins restrictives en milieu rural que dans les communes de plus de 200!!!000 habitants et expliquent en partie le plus grand nombre de cinémas classés en zone rurale, la répartition des équipements selon la densité des espaces démontre la pertinence de cette politique territoriale de soutien à la diversité cinématographique.
La région fait la part belle au patrimoine, qui rassemble 21!!!% des lieux et équipements culturels. Le Val de Loire, berceau des châteaux des rois de France du Moyen-Âge à la Renaissance, fait de la région Centre-Val de Loire un point d’attraction touristique de notoriété internationale. Le Val de Loire entre Sully et Chalonnes est, à ce titre, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Les châteaux d’Azay-le-Rideau, de Bourges, de Chateaudun, de Fougères-sur-Bièvre et de Talcy, le palais Jacques-Cœur à Bourges, gérés par le Centre des monuments nationaux, ont enregistré 441!!!900 visites en 2019. Le domaine national de Chambord comptabilisait plus d’1,1 million de visites cette année-là.
La région compte aussi 65 musées de France. Les 52 musées de France ouverts cette année-là ont enregistré plus d’un million de visites en 2019 (13 étaient fermés). Autre lieu de mémoire, les 18 maisons des Illustres - dont la maison école du Grand Meaulnes dans le Cher, la maison de Tante Léonie dans l’Eure-et-Loir, le domaine George-Sand à Nohant dans l’Indre, ou encore le musée Balzac en Indre-et-Loire - ont comptabiliser plus de 300!!!000 entrées cette année-là. Au-delà du bâti, le patrimoine s’incarne aussi dans l’art des jardins et le Centre-Val de Loire compte trente jardins remarquables. Dix communes sont classées Villes ou pays d’art et d’histoire et valorisent le patrimoine bâti de leur cœur de ville qui témoigne de la richesse historique de ces cités.
Enfin, les 35 services d’archives communales, départementales, régionales et le service d’archives nationales d’Aix-en-Provence dédié aux archives de l’outre-mer sont fréquentées par 55!!!000 usagers en 2019.
 

Emploi culturel

Professions culturelles

Avec 14!!!500 actifs qui déclarent une profession culturelle au titre de leur activité principale, le Centre-Val de Loire compte 1,5!!!% de professionnels de la culture parmi l’ensemble de ses actifs. Les professionnels des arts visuels et des métiers d’art rassemblent près d’un tiers de ces professionnels (34!!!%, dont 17!!!% travaillent dans le domaine des arts graphiques, de la mode et de la décoration), les artistes, cadres et techniciens du spectacle un peu plus d’un quart de ces actifs (29 %). Les femmes représentent moins de la moitié des professionnels de la culture (44!!!%) en Centre-Val de Loire, soit une part comparable à la moyenne nationale, mais légèrement inférieure à leur part dans l’ensemble de la population active de la région (49!!!%). Deux professionnels de la culture sur cinq sont non-salariés, une part comparable à la moyenne nationale (38!!!%). 
C’est en Indre-et-Loire que la part des professions culturelles est la plus élevée (2!!!%), suivie par le Loiret qui compte 3!!!700 professionnels de la culture, soit 1,4 % de la population active du département. Les professions littéraires sont surreprésentées dans le Cher, où près d’un professionnel de la culture sur cinq est auteur, traducteur, journaliste ou cadre de l’édition. Si le Cher ne concentre que 10!!!% de l’ensemble des professions culturelles de la région, 20!!!% des auteurs littéraires de la région y résident. L’Indre-et-Loire concentre un tiers de l’ensemble des professions culturelles et 40!!!% des artistes des spectacles de Centre-Val de Loire, contre un quart seulement de l’ensemble de la population active de la région. 

Secteurs culturels

L’emploi culturel se mesure également par le nombre d’actifs dans les différents secteurs d’activité qui relèvent du champ culturel. Parmi eux, certains exercent une profession non culturelle (secrétaire dans un théâtre par exemple). On compte ainsi plus de 15!!!900 actifs des secteurs culturels en Centre-Val de Loire, soit 1,6 % de l’ensemble de la population active de la région. Près d’un de ces actifs sur quatre (24!!!%) travaillent dans les secteurs du livre et de la presse, et seulement 7!!!% des actifs du champ culturel exercent au sein d’un secteur de l’audiovisuel et du multimédia, soit 9 points de moins qu’en moyenne nationale. 
L’Indre-et-Loire compte plus de 5!!!400 actifs des secteurs culturels soit 2,2!!!% de sa population active, suivie par l’Eure-et-Loir qui compte moitié moins d’actifs des secteurs culturels (2!!!400), soit 1,6 % de sa population active. Dans ce département, 36!!!% des actifs culturels travaillent dans les secteurs du livre et de la presse, soit 12 points de plus qu’en moyenne nationale. En Eure-et-Loir, 28!!!% des actifs des secteurs culturels exercent dans un secteur du spectacle vivant, soit 10 points de plus qu’en moyenne régionale. L’Indre-et-Loire concentre à nouveau plus d’un tiers des actifs des secteurs culturels de Centre-Val de Loire, près de la moitié des actifs de l’enseignement artistique amateur et 40!!!% des actifs du spectacle vivant de la région travaillent dans le département. 

Entreprises culturelles

En 2018, la région Centre-Val de Loire compte environ 2!!!500 entreprises des secteurs culturels. Elles représentent 3,2!!!% de l’ensemble des entreprises des secteurs marchands et non marchands dans cette région, une proportion nettement inférieure à la moyenne nationale (3,9!!!%) et légèrement en-deçà de la moyenne des régions hors Île-de-France (3,3%). Le caractère rural de certains départements explique en partie la faible présence des entreprises des secteurs culturels. La part d’entreprises culturelles est plus faible dans le Cher (2,5%). À l’inverse, l’Indre-et-Loire se caractérise par une proportion d’entreprises culturelles la plus forte de la région avec 4,1% d’entreprises culturelles parmi les entreprises marchandes et non marchandes. C’est dans ce département qui abrite la plus grande ville, Tours, que l’on compte le plus grand nombre d’entreprises culturelles (800). 
On compte 10!!!400 salariés (en équivalent temps plein) actifs des secteurs culturels, soit 1,4!!!% de l’ensemble des salariés des secteurs marchands et non marchand dans cette région. Cette présence des salariés des secteurs culturels est légèrement inférieure à la moyenne des régions hors Île-de-France (1,5%) et reste nettement inférieure à la moyenne nationale (2,2%).
Parmi les secteurs culturels, certains ont été particulièrement touchés par la crise sanitaire. Ainsi, en 2020, les entreprises de projection cinématographique monorégionales du Centre-Val de Loire (code Naf 59.14Z) enregistrent un recul de leur chiffre d’affaires de 65!!!% par rapport à 2019, comparable à la baisse enregistrée en France métropolitaine. Dans le domaine marchand du spectacle vivant (code Naf 90.01Z), les entreprises monorégionales de la région enregistrent un recul de 36!!!% de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019, contre 60!!!% en France métropolitaine pour l’ensemble des entreprises monorégionales de spectacle vivant. Enfin, les librairies monorégionales de la région (code Naf 47.61Z) enregistrent des pertes plus modérées, avec un recul de leur chiffre d’affaires de 1!!!%, contre 7!!!% en France métropolitaine pour l’ensemble du secteur.

Dépenses culturelles publiques

Plus de 330 millions d’euros sont mobilisés pour la culture par les collectivités territoriales. Ce montant de dépenses brutes se répartit comme suit!!!: 80!!!% en provenance du bloc communal (soit 268!!!M€), 10!!!% des départements (34 millions) et 10!!!% de la collectivité régionale (32 millions). A ces dépenses s’ajoutent celles du ministère de la Culture!!!: 62 millions d’euro, en 2019. 

Dépenses culturelles du bloc communal en Centre Val de Loire!!!: 268!!!millions d’euros soit 117!!!euros par habitant
L’ensemble des communes de 3!!!500 habitants ou plus et leurs groupements à fiscalité propre (soit 51!!!établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) comportant au moins une commune de 3!!!500!!!habitants ou plus) ont dépensé 268!!!millions d’euros pour la culture en 2019, soit en moyenne 117!!!€ par habitant du bloc communal, en-dessous de la moyenne nationale (127!!!€ par habitant).
Les deux métropoles régionales, Orléans et Tours, regroupent le quart de la population régionale (600!!!000 habitants) et réalisent, échelons intercommunaux et communaux confondus, 40!!!% des dépenses culturelles des blocs communaux de la région, soit 107!!!M€ et 185!!!€ par habitant. Les sept communautés d’agglomération regroupent près de 30!!!% de la population régionale, et leurs blocs communaux dépensent 92!!!M€ pour la culture, soit 143!!!€ par habitant. Les communautés de communes rassemblent un peu moins de la moitié de la population régionale et leurs dépenses culturelles sont de 68!!!M€, soit 65!!!€ par habitant, ce qui est comparable à la moyenne nationale pour les communautés de communes.
Considérant les dépenses culturelles des blocs communaux de la région par département, elles atteignent les niveaux les plus élevés dans le Cher avec 186!!!€ par habitant et dans le Loiret 139!!!€ par habitant. Dans les autres départements, ces dépenses se situent sous la moyenne nationale (127!!!€ par habitant) et vont de 80!!!€ par habitant (Loir-et-Cher) à 115!!!€ par habitant (Indre). C’est dans le département du Cher que l’effort budgétaire moyen pour la culture est le plus conséquent pour le bloc communal!!!: 12!!!%, contre 7!!!% à 9!!!% dans les autres départements. Fait remarquable, dans le Cher, l’échelon intercommunal en tant que tel pèse très peu dans les dépenses culturelles, dont il ne réalise que 2!!!% des 35!!!M€ engagés par les blocs communaux. A contrario, dans le Loir-et-Cher les dépenses réalisées par les échelons intercommunaux représentent la moitié des dépenses des blocs communaux.
Le bloc communal consacre 29!!!€ par habitant à l’action culturelle. Cette moyenne de dépenses en faveur de l’action culturelle est de seulement 8!!!€ par habitant dans le département de l’Eure-et-Loir, alors qu’elle atteint 90!!!€ par habitant dans le département du Cher. On relève une dépense particulièrement importante dans la commune de Bourges!!!: 12,7!!!M€ de dépenses d’investissement dans l’action culturelle, soit trois quarts de l’ensemble des dépenses pour l’action culturelle dans le Cher.
Ce sont ensuite les secteurs des bibliothèques et de l’expression musicale, lyrique et chorégraphique, pour lesquelles les dépenses moyennes sont les plus élevées, avec respectivement 23!!!€ et 22!!!€ par habitant de la part de l’ensemble du bloc communal de Centre Val de Loire.
Le secteur théâtral concentre 5!!!€ par habitant en moyenne régionale, pour le bloc communal, et c’est dans les départements d’Eure-et-Loir et de l’Indre que les moyennes sont les plus élevées, avec 14!!!€ par habitant contre 1 ou 3!!!€ par habitant dans les quatre autres départements.

Les départements de Centre-Val de Loire!!!: 34!!!millions d’euros pour la culture
En 2019, la somme des dépenses culturelles des six départements de la région Centre-Val de Loire atteint 34!!!millions d’euros, soit le plus faible volume de crédits culturels des départements parmi les régions métropolitaines. Les budgets culturels départementaux s’échelonnent de 3!!!millions d’euros (Loir-et-Cher) à près de 13!!!millions pour le Loiret, qui est le seul département de la région dont le budget culturel est supérieur à la moyenne nationale!!!: 10!!!M€.
Rapportées à la population, les dépenses culturelles départementales vont de 8!!!euros (Eure-et-Loir) à près de 19!!!euros par habitant (Loiret). Le Cher et l’Indre sont les deux départements les moins peuplés de la région (300!!!000 habitants et 220!!!000 habitants) et leurs budgets culturels n’atteignent pas la moitié du budget départemental en moyenne nationale, mais ils se situent pourtant au niveau des indicateurs nationaux moyens en euros par habitant (15!!!€ par habitant).
La part de dépenses culturelles départementales consacrées aux patrimoines est supérieure ou égale à la moyenne nationale (53!!!%) pour tous les départements du Centre-Val de Loire. Pour trois d’entre eux, cette part dépasse même 70!!!% : l’Eure-et-Loir, l’Indre et le Loiret.
En volume, le budget patrimonial du Loiret (près de 9!!!M€, 13!!!€ par habitant) est le double de celui d’Indre-et-Loire (4,6!!!M€, sous la moyenne nationale!!!: 5,2!!!M€).
Concernant le domaine des activités artistiques et de l’action culturelle, les écarts entre départements sont plus resserrés, de moins d’un million d’euros à 3,7!!!M€.

32 millions d’euros de dépenses culturelles par la collectivité régionale Centre-Val de Loire
La collectivité régionale de Centre-Val de Loire a dépensé 32 millions d’euros pour la culture en 2019, dont 25!!!M€ en fonctionnement. Ces dépenses représentent 12 euros par habitant, un montant comparable à la moyenne des collectivités régionales (11!!!€ par habitant).
La région Centre-Val de Loire consacre un peu moins de 70!!!% de son budget aux activités artistiques et à l’action culturelle, soit 22!!!M€, contre 10!!!M€ pour le patrimoine, soit respectivement 8!!!€ et 4!!!€!!!par habitant, un montant là encore comparable aux moyennes nationales.
En termes d’effort budgétaire, la collectivité régionale se situe globalement juste au-dessus de la moyenne des régions!!!; soit 2,6!!!% en fonctionnement (contre 2,4!!!% en moyenne nationale) et 1,8!!!% en investissement (contre 1,9!!!%).

62 millions d’euros pour le ministère de la Culture en Centre-Val de Loire
Le montant des crédits ministériels en Centre-Val de Loire se situe un peu en dessous de la moyenne nationale avec 24!!!€ par habitant (contre 26!!!€ par habitant, hors Ile-de-France) mais la région a bénéficié en 2019 d’un montant un peu supérieur à la moyenne en investissement (13,6!!!M€ et 5!!!€ par habitant). Ainsi, avec près de 49!!!M€ de crédits en fonctionnement, la région totalise un peu plus de 62!!!M€, le montant le moins élevé des régions métropolitaines (hors Corse).
La répartition départementale des crédits ministériels, hors masse salariale, apparaît moins concentrée que dans la plupart des autres régions!!!: 30!!!% des crédits de fonctionnement sont engagés dans le Loiret (siège de la capitale régionale Orléans), un quart, en Indre-et-Loire (Tours) et un peu plus d’un cinquième dans le Cher (Bourges). Ce dernier reçoit le montant le plus élevé des crédits d’investissement en 2019, 3,4!!!M€ soit le quart des investissements du ministère dans la région, un peu au-dessus des montants pour le Loir-et-Cher (Blois) et pour l‘Indre-et-Loire, qui représentent chacun 22!!!% du total régional de ces crédits. Les crédits ministériels représentent ainsi près de 37!!!€ par habitant dans le Cher (25!!!€ en fonctionnement), aussi deux fois moins peuplé que le Loiret ou l’Indre-et-Loire.

Sources et documentation

Insee, comparateur de territoires : https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/1405599?debut=0&q=comparateur+de+territoire
Insee, statistiques locales : h https://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&view=map3
Insee, l’essentiel sur… -> par région : https://blog.insee.fr/ma-region-cest-lessentiel/
Insee, statistiques locales dossier complet : https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/2011101
Commissariat général à l’égalité des territoires, Observatoire des territoires : https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/portraits-et-comparaisons-de-territoires
Lise Fournier, « Centre-Val de Loire : une région péri-métropolitaine en quête de cohésion territoriale ? », in Éric Janin (sous la dir. de), Les 18 régions françaises, Ellypses, 2017
Atlas culturel 2020 Centre-Val de Loire, Financements de l’État 2015-2019, Drac, ministère de la Culture, 2020

[1] Muriel Auzanneau, Pierre Chapuis Sophie Faure, Emploi productif en forte baisse, maintien de l’emploi en présentiel, Insee flash Centre-Val de Loire, n° 33, septembre 2019.
[2] Clément Meyniel, Trois profils de quartiers de la politique de la ville liés à des contextes géo-économiques différents, Insee Analyse Centre-Val de Loire, n 31, mars 2017.
[3] Clément Meyniel, Sophie Faure, 25 axes structurent les mobilités régionales, Insee Dossier Centre-Val de Loire, n° 4, juin 2919.
[4] Olivier Léon, L’agglomération parisienne dans le bassin parisien : une influence forte au nord et à l’ouest et plus modérée à l’est, Insee Analyses Île-de-France, n° 1125, février 2020.