Normandie

Portrait culturel

Date de publication : 28/01/22, Dernière mise à jour : 06/05/22

Nouvelle région créée au 1er janvier 2016 suite à la loi NotRe, la Normandie réunit deux anciennes régions!!!: la Basse et la Haute Normandie. Elle est désormais d’une superficie de 29!!!900 km2, soit la 11e région française selon cet indicateur, et rassemble 3,3 millions de personnes, soit la 9e région française, et la 11e en termes de PIB. Elle compte cinq départements!!!: le Calvados, l’Eure, la Manche, l’Orne et la Seine-Maritime, 2!!!652 communes, 69 groupements de communes et une métropole, Rouen.

 

—   Données de contexte  

Géographie

Au nord-ouest du Bassin parisien, la Normandie se caractérise par un bocage qui morcelle le paysage des campagnes, un axe fluvial transversal qui relie Paris et l’Île-de-France à l’embouchure de la Seine entre Honfleur et Le Havre, quelques grandes agglomérations mais une prédominance de petites villes et de gros bourgs. 80!!!% du territoire sont des terres agricoles, une part bien plus importante que pour l’ensemble du territoire (51!!!%). La part des forêts et milieux semi-naturels, en revanche est moindre (13!!!% contre 30!!!%). Le faible taux de boisement explique en partie la part du territoire agricole, ajouté à une urbanisation circonscrite aux rives de la Seine. Avec 600!!!km de côtes, la région est marquée par une identité maritime, comme l’indique le nom du département de la préfecture régionale. La Normandie abrite ainsi le premier port français pour le commerce extérieur et le trafic de conteneurs au Havre, et le troisième européen avec le complexe portuaire de la Basse-Seine qui regroupe les ports du Havre, de Rouen et de Paris. La région compte d’autres ports plus modestes, de Dieppe et Fécamp au nord, Honfleur et Caen, puis Cherbourg et Granville dans le Cotentin. Enfin, la côte abrite des stations balnéaires de renommée internationale qui ont fait les beaux jours du tourisme de la grande bourgeoisie parisienne du début du XXe siècle, à la faveur des premières dessertes ferroviaires des villes côtières.
Avec 3,3 millions d’habitants, la Normandie affiche une densité de 111!!!habitant par km², une densité plus élevée que la moyenne nationale (105 habitants au km2) mais proche de la moyenne métropolitaine (118 habitants au km2). Les communes de Rouen (5!!!209 habitants au km2), du Havre (3!!!620 habitants au km2), et de Caen (4!!!100 habitants au km2) affichent les plus fortes densités, tandis que la campagne perchoise autour d’Alençon est peu densément peuplée (7!!!habitants au km2 à La Lande-de-Goult).
La Normandie se caractérise plutôt par son tissu de petites et moyennes communes!!!: 55!!!% de la population réside dans une commune de moins de 5!!!000 habitants. Le territoire normand bénéficie en effet d’une répartition des bourgs et petites villes équilibrée dans l’espace régional, constituant un maillage qui laisse peu de place à des secteurs ruraux isolés et assure aux habitants des conditions d’accès aux services courants plus favorables que dans la plupart des autres régions[1].
Près de la moitié de la population normande (48!!!%) vit dans des espaces peu ou très peu denses, territoires qui rassemblent 90!!!% des communes normandes. Un peu moins d’un quart de la population (23!!!%) vit dans des espaces densément peuplés, et le quart restant (27!!!%) dans des espaces de densité intermédiaire. La région compte trois aires d’attractivité urbaine de plus de 100!!!000 habitants!!!: Rouen (111!!!360) et le Havre (169!!!730) en Seine-Maritime, et Caen (105!!!510) dans le Calvados.

Démographie

Avec 3,3 millions d’habitants, la Normandie connaît une situation démographique atone au cours de la dernière décennie!!!: elle a gagné moins de 1!!!% d’habitants entre 2013 et 2018, grâce au solde naturel (+0,1!!!% par an) tandis que le solde migratoire est négatif (-0,1!!!%). Les départements de l’Orne (-0,5!!!%) et de la Manche (-0,2!!!%) assistent à un dépeuplement!!!; cela concerne particulièrement les zones rurales, le Perche ou la pointe du Cotentin où l’évolution de la population est négative. En Seine-Maritime, le solde naturel positif (0,3!!!%) ne compense pas le solde migratoire négatif (-0,2!!!%). Seuls le Calvados et l’Eure connaissent une croissance positive. En Normandie, l’indice de vieillissement est de 85, ce qui signifie que l’on compte 85 personnes âgées de 65!!!ans et plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans!!!; il est supérieur de 3 points à la moyenne nationale. Dans l’Orne (111) et la Manche (108), l’indice de vieillissement est supérieur à 100.
La population normande connaît depuis plusieurs décennies un ralentissement démographique, à un rythme plus marqué qu’au plan national. Selon les dernières estimations démographiques, la région subirait même un léger recul de sa population depuis l’année 2016. Pénalisée par un déficit migratoire durable, la population normande se maintenait grâce à un solde naturel qui tend à se réduire fortement, devenant même négatif depuis l’année 2018, en lien avec le fort recul des naissances sur la dernière décennie. Les tendances démographiques diffèrent selon les territoires qui composent la région. Concernant surtout le département de l’Orne jusqu’à un passé récent, la baisse démographique se généralise maintenant aux autres départements normands. Les principales agglomérations de la région ne bénéficient pas du dynamisme démographique observé dans la plupart des métropoles françaises, et seuls les territoires périurbains ou situés sur certaines parties du littoral conservent une dynamique positive[2].

Niveau de vie

Avec un niveau de vie annuel médian de 21!!!380!!!euros en 2019, la Normandie se situe en-deçà de la moyenne en France métropolitaine (21!!!930!!!euros). Le niveau de vie médian des ménages normands est relativement homogène d’un département à l’autre!!!: il est de 20!!!350!!!euros dans l’Orne, et de 22!!!180!!!euros dans l’Eure.
Plus de la moitié des ménages fiscaux sont imposés (54,8!!!%!!!%), contre 57,6!!!% en France métropolitaine. Avec moins de la moitié des ménages fiscaux imposés, l’Orne a plus faible taux d’imposition (48,2!!!% des ménages) et l’Eure le plus élevé (58!!!%). Le rapport entre les populations les plus pauvres situées dans le premier décile de niveau de vie, et les plus aisées situées dans le neuvième décile est moins inégalitaire qu’en moyenne nationale (hors Guadeloupe, Guyane et Mayotte) (3 contre 3,4). Le premier décile de niveau de vie est plus élevé (12!!!040!!!euros contre 11!!!620) et le neuvième décile plus bas (35!!!610!!!en Normandie contre 39!!!600 pour la France métropolitaine, Martinique et La Réunion) qu’en moyenne en France. C’est dans l’Orne que le premier décile est le plus bas (11!!!540!!!euros) et dans la Manche qu’il est le plus élevé (12!!!690!!!euros). Enfin, le Calvados enregistre le neuvième décile le plus élevé!!!: les 10!!!% les plus riches ont un niveau de vie annuel supérieur à 36!!!540!!!euros. D’une façon générale, les écarts entre départements sont peu prononcés et si le revenu médian est inférieur à la moyenne nationale, la population normande est néanmoins moins inégalitaire qu’au niveau national car les écarts de revenus entre les plus démunis et les mieux dotés sont moins prononcés.
Le taux de pauvreté de la population normande est inférieur à la moyenne nationale!!!: il concerne 13,3!!!% de la population contre 14,5!!!% des Français. Le taux de pauvreté est le plus important dans l’Orne (15,1!!!%), et le plus faible dans la Manche (11,4!!!%) et le Calvados (12,1!!!%).
La région compte 62!!!quartiers prioritaires de la ville, qui rassemblent 194!!!500 habitants de la région. Plus de la moitié de la population concernée vit en Seine-Maritime.

Économie

Avec un PIB de 95,1 milliards d’euros en 2018, la Normandie produit 4!!!% de la richesse nationale métropolitaine. Elle se situe à la dixième place parmi les régions métropolitaines. Rapporté à la population, le PIB par habitant est de 28!!!650 euros!!!; rapporté à l’emploi moyen sur une année, il est de 73!!!430!!!euros.
La région Normandie se caractérise notamment par un poids plus élevé de l’industrie (16!!!% des emplois contre 12!!!% nationalement) et moins élevé des postes du commerce, transport et services marchands (43% contre 50% nationalement). Le poids encore élevé des activités industrielles constitue la principale spécificité de l’économie normande[3]. Première région française pour la part de l’industrie dans son produit intérieur brut (PIB), la Normandie figure aussi parmi les premières régions pour la part des emplois industriels. Les secteurs liés à l’énergie (nucléaire, pétrole) et aux matériels de transports (automobile, aéronautique) sont fortement implantés. La pharmacie, l’industrie agroalimentaire et la filière du verre sont également des activités spécifiques à la région. La présence de la basse vallée de la Seine, avec l’ouverture sur le commerce mondial que représentent l’estuaire et les ports majeurs du Havre et de Rouen, font aussi de la Normandie la première région française pour la part des activités logistiques. Les autres activités tertiaires sont dans l’ensemble moins présentes qu’ailleurs, en particulier celles représentatives des fonctions métropolitaines. L’économie touristique est très présente dans le Calvados mais nettement moins prégnante dans les autres départements normands. L’économie agricole marque fortement le paysage normand. Son poids économique est dans la moyenne des régions mais plus déterminant dans l’ouest de la région.

Marché du travail

Avec 1,3 million d’emplois en 2019, l’emploi normand a progressé, pour la quatrième année consécutive, et de +0,8!!!% en une année, contre 1,4!!!% en France entière (hors Mayotte). L’évolution est négative dans l’Orne (-0,9!!!%) et positive dans les quatre autres départements. L’emploi normand se caractérise par une sur-représentation de l’emploi industriel (16!!!% des emplois contre 12!!!% à l’échelle nationale) et une part plus faible d’emplois dans le tertiaire marchand (43!!!% contre 50!!!%). Les secteurs liés à l’énergie (nucléaire, pétrole) et aux matériels de transports (automobile, aéronautique) sont fortement implantés. La pharmacie, l’industrie agroalimentaire et la filière du verre sont également des activités spécifiques à la région. Dans l’Eure, la Manche et l’Orne, la part de l’emploi industriel est forte et concerne un emploi sur cinq, tandis que la part des emplois relevant du tertiaire marchand (de 35!!!% à 40!!!%), en revanche, est bien plus faible que la moyenne nationale 50!!!%. Dans l’Orne, l’emploi dans l’agriculture est également plus important!!!: +4 points par rapport à la moyenne nationale. 
Avec 1,3 million d’actifs âgés de 15 à 64 ans occupés, le taux d’activité de la population en âge de travailler est de 63,8!!!%, comparable à la moyenne nationale (64,2!!!%). Le taux de chômage régional, longtemps supérieur à la moyenne nationale, s’en est fortement rapproché ces dernières années pour atteindre 7,9!!!% en 2020 contre 8,0!!!% en France. La Seine-Maritime (9,0!!!%) et l’Eure (8,1!!!%) sont les départements normands les plus touchés par le chômage, la Manche (6,0!!!%) est relativement épargnée. 

Niveau d’éducation

Avec 24!!!% de la population âgée de 15!!!ans ou plus non scolarisée diplômée de l’enseignement supérieur, la population normande est la plus faiblement diplômée du supérieur de l’ensemble des régions de France métropolitaine. La proportion des personnes pas ou peu diplômés (31!!!%), ajoutée à celle des titulaires d’un CAP ou BEP (29!!!%) parmi les personnes âgées de 15 ans ou plus et non scolarisées, est la plus élevée des régions métropolitaines. Même si des disparités existent entre territoires selon la présence d’établissements d’enseignement supérieur, tous les départements normands présentent un taux de diplômés de l’enseignement supérieur inférieur à la moyenne pour la France. La Normandie compte par ailleurs 17!!!% de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui ne sont ni en formation ni en emploi.

Qualité de vie

Le parc de logements normand compte 1,8 millions de logements, dont 82!!!% sont des résidences principales et 10!!!% des résidences secondaires. La part du logement social est supérieur de 3 points à la moyenne nationale. Peu urbanisée à l’exception des rives de Seine, proche de la région parisienne et d’accès facile en voiture ou par voie ferroviaire, la Normandie et ses 600 km de façade maritime sont un atout de poids pour l’attractivité touristique de la région. Elle dispose de plusieurs espaces protégés dont quatre parcs naturels régionaux qui valorisent l’espace naturel et le bâti. Le parc naturel régional des Boucles de la Seine se situe entre Rouen et Le Havre dans l’Eure et la Seine-Maritime. Le parc naturel du Perche caractérisé par le bocage, rassemble 126 communes sur 194!!!000 hectares. Celui de Normandie-Maine est doté de paysages forestiers et enfin, dans la Manche, le parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin protège une zone semi-humide. Ces quatre parcs naturels couvrent 17!!!% du territoire normand. En mer, la Normandie comprend une partie du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.
Avec 1!!!million de lits touristiques, la région rassemble 8!!!% des capacités nationales d’hébergement touristique marchands et non marchands, dont 42!!!% se situent dans le Calvados et 24!!!% dans la Manche. Avec 12,7!!!millions de nuitées marchandes touristiques, la Normandie réalise 4!!!% des nuitées totales de la France. La part de la fréquentation étrangère est d’un quart pour les nuitées hôtelières, avec une prédominance des touristes britanniques. La clientèle étrangère représente 38!!!% des nuitées en camping, où les touristes du Pays-Bas forment la première clientèle étrangère, devant la clientèle britannique. La région est la dixième destination des voyageurs français.
Enfin, la région dispose de sérieux atouts culturels pour attirer les excursionnistes et touristes français et étrangers, à commencer par l’un des monuments nationaux les plus fréquentés de France, l’abbaye du Mont-Saint-Michel. 

—   Données culturelles 

Offre culturelle

Monuments nationaux, sites inscrits au patrimoine de Unesco, lieux de mémoire contribuent à l’attractivité de la région normande. Trois sites sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco!!!: la baie du Mont-Saint-Michel, de renommée internationale, les fortifications Vauban de Saint-Vaast-la-Hougue et de l’île de Tatihou sur la pointe nord-est du Cotentin et la ville du Havre reconstruite par Auguste Perret suite aux bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
La région compte près de 4!!!300 lieux et équipements culturels. Le patrimoine architectural et monumental est particulièrement présent dans cette région chargée d’histoire. Peuplée par les Celtes, occupée par l’Empire romain, marquée par les invasions vikings puis par la guerre de Cent Ans avec l’Angleterre, la Normandie est connue pour avoir été, au cours de la Seconde Guerre mondiale, la terre du Débarquement des Alliés. Le littoral normand porte la marque, notamment d’un point de vue toponymique, de cet épisode historique, qui fut un tournant dans le conflit mondial. 
3!!!000 édifices font l’objet d’une protection au titre de monument historique, qu’ils soient classés ou inscrits à l’inventaire national, dont de nombreux édifices religieux, comme la cathédrale de Rouen, fleuron de l’architecture gothique. Trois monuments nationaux dont l’un des plus visités en France se trouvent sur le territoire normand!!!: l’abbaye du Mont-Saint-Michel, visitée par près d’1,5 million de visiteurs en 2019, le château de Carrouges, 15!!!900 visites, et l’abbaye du Bec-Hellouin, 5!!!800.
La région compte également près d’une centaine de musées de France. En 2019, les musées de France ont attiré 2,9 millions de visites. Les musées du Calvados réalisent plus de la moitié de ces entrées, ceux de Seine-Maritime 30!!!%. Dans la Manche (9!!!% des entrées), l’Eure (2!!!%) et l’Orne (2!!!%), les musées sont beaucoup moins fréquentés. Berceau et terre d’élection des peintres impressionnistes, la Normandie compte plusieurs musées, jardins ou maisons des illustres qui témoignent de cette époque marquante de l’histoire récente des arts, à l’instar de la maison et des jardins de Claude Monet, à Giverny, classés jardin remarquable et maison des Illustres. Enfin, la Normandie a également abrité plusieurs écrivains français, devenus des auteurs classiques, de Barbey d’Aurevilly à Maupassant, Flaubert ou Jacques Prévert. Les lieux de mémoire leur rendent également hommage!!!: la région compte ainsi 17 maisons des illustres. Au-delà du patrimoine bâti et mémoriel, l’art des jardins constitue également un pan du patrimoine. En Normandie, une quarantaine de parcs et jardins sont labellisés jardins remarquables.
Au total, et si l’on ne tient pas compte de ces édifices classés ou inscrits au titre des monuments historiques ou de l’Architecture contemporaine remarquable, qui tous ne sont pas des lieux ouverts au public, la Normandie compte près de 1!!!300 lieux de visite, de spectacle ou de documentation. Près de 40!!!% d’entre eux sont situés en Seine-Maritime!!!; le Calvados en compte 20!!!%!!!; l’Orne, enfin, est le département le moins pourvu et rassemble 10!!!% seulement de l’ensemble des lieux et équipements culturels normands. Un peu plus de la moitié de ces lieux sont situés dans des espaces peu denses. Cela s’explique par le poids des équipements de lecture publique dans l’ensemble des lieux culturels (56%), dont plus de 70!!!% sont situés dans des espaces peu ou très peu denses. Cela concerne essentiellement des équipements de moins de 100 m², parfois de simples points relais desservis par la bibliothèque départementale de prêt. Le maillage territorial de ces 700 équipements et lieux de lecture publique, présents dans les aires urbaines comme dans les zones rurales très peu denses est le fruit du volontarisme politique et des collectivités territoriales qui a fait de la bibliothèque le premier équipement culturel de proximité de la population française.
La Normandie compte un peu plus de 100 cinémas, près de 300 écrans et 60!!!000!!!fauteuils. Près de la moitié sont situés dans des zones de densité intermédiaire, un cinéma sur cinq est implanté dans une aire urbaine densément peuplée et un peu plus d’un tiers (35!!!%) le sont dans des zones peu denses. Dans ces zones rurales, la part des cinémas classés Art et essai est plus importante que dans les zones densément peuplées. C’est, là aussi, la marque d’une politique publique soucieuse de soutenir les acteurs qui veillent à garantir une offre cinématographique diversifiée sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les moins denses. Là où l’acteur économique privé qu’est le cinéma s’implante moins facilement en raison d’une zone de chalandise limitée, le classement Art et essai des équipements permet de soutenir une programmation de qualité, le cinéma d’auteur et des actions de formation des publics, notamment les plus jeunes. Dans les zones peu denses, près de sept cinémas sur dix sont classés Art et essai, contre quatre sur dix dans les zones densément peuplées. Dans la Manche par exemple, 90!!!% des cinémas en zone peu dense bénéficient de ce classement.
Au total, près de quatre équipements sur dix sont situés dans une aire de 200!!!000 à 700!!!000!!!habitants, 22!!!% le sont dans une aire plus petite, de 50!!!000 à 200!!!000 habitants, 22!!!% dans une aire de moins de 50!!!000!!!habitants, et 12!!!% dans une commune hors d’attractivité d’un pôle. Les lieux de spectacle et scènes musicales, qu’ils soient labellisés ou privés, se trouvent essentiellement dans les communes densément peuplées (44!!!% des théâtres, 41!!!% des scènes, 100!!!% des opéras). Cela vaut plus encore pour les lieux labellisés dédiés aux arts visuels!!!: 75!!!% des centres d’art sont situés dans des communes denses.

Emploi culturel

Professions culturelles

Avec 16!!!800 actifs qui déclarent une profession culturelle au titre de leur activité principale, la Normandie compte 1,3!!!% de professionnels de la culture parmi l’ensemble de ses actifs, soit un point de moins que la moyenne nationale. Les artistes, cadres et techniciens du spectacle rassemblent près d’un tiers de ces professionnels (32!!!%) et les professionnels des arts visuels et des métiers d’art un autre tiers (30!!!%). Les femmes représentent 42!!!% des professionnels de la culture en Normandie soit une part équivalente à la moyenne nationale (45!!!%) mais légèrement inférieure à l’ensemble de la population active (49!!!%) de la région. Deux professionnels de la culture sur cinq (40!!!%) est non-salarié contre 38!!!% en moyenne nationale. 
C’est dans le Calvados que la part de professions culturelles est la plus élevée (1,7!!!%), suivie par le département le plus peuplé de la région!!!: la Seine-Maritime avec 1,3!!!% de professionnels de la culture. Dans les départements de la Manche et de l’Orne, les professions des arts visuels et métiers d’art sont surreprésentées (37!!!%) et dans le Calvados, ce sont les artistes, cadres et techniciens du spectacle avec 37!!!% des professionnels. L’Orne ne concentre que 6!!!% de l’ensemble des professions culturelles de la région, pourtant 15!!!% des auteurs et 14!!!% des artisans et ouvriers d’arts normands y travaillent. La Seine-Maritime accueille 46!!!% des architectes normands et 45!!!% des professions du patrimoine, alors qu’elle ne concentre que 38!!!% de l’ensemble des professions culturelles de la région. 

Secteurs culturels

L’emploi culturel se mesure également par le nombre d’actifs dans les différents secteurs d’activité qui relèvent du champ culturel. Parmi eux, certains exercent une profession non culturelle (secrétaire dans un théâtre par exemple). On compte ainsi 19!!!300 actifs des secteurs culturels en Normandie, soit 1,5!!!% de l’ensemble de la population active de la région, un point de moins que la moyenne nationale (2,6!!!%). Plus d’un actif sur cinq (22!!!%) travaille dans les secteurs du livre et de la presse, part de deux points supérieure à la moyenne nationale. Les secteurs de l’audiovisuel et du multimédia sont en revanche sous-représentés dans la région!!!: 9!!!% des actifs culturels normands y travaillent contre 16!!!% en moyenne nationale.  
C’est une fois encore dans le Calvados que la part d’actifs des secteurs culturels est la plus élevée (2!!!%), et dans l’Orne qu’elle est la plus faible (1,1!!!%). Dans l’Eure et la Manche les secteurs des arts-visuels sont surreprésentés (respectivement 18!!!% et 17!!!%) par rapport à la moyenne régionale (13!!!%). La Manche accueille 20!!!% des actifs normands des secteurs du design et de la photographie alors qu’elle n’accueille que 13!!!% de l’ensemble des actifs culturels de la région. De même, la Seine-Maritime accueille 45!!!% des actifs de l’architecture et 44!!!% des actifs du spectacle vivant de Normandie, alors qu’elle ne concentre que 38!!!% de l’ensemble des actifs des secteurs culturels de la région. 

Entreprises culturelles

En 2018, la Normandie compte environ 2!!!900 entreprises des secteurs culturels, soit 2,8!!!% de l’ensemble des entreprises des secteurs marchands et non marchands dans cette région, une proportion inférieure à la moyenne nationale (3,9!!!%), y compris inférieure à la moyenne des régions hors Île-de-France (3,3!!!%). Cette faible part est à mettre en lien avec le caractère rural de la région. La proportion d’entreprises culturelles est plus particulièrement faible dans la Manche (2,2!!!%) et l’Orne (2,3%), départements plus ruraux. A contrario, la proportion d’établissements culturels est plus élevée dans le Calvados (3,2!!!%), où se situent l’ancienne préfecture régionale de Basse-Normandie, Caen, ainsi que de nombreuses stations balnéaires et des lieux historiques (plages du département, tapisserie de Bayeux, etc.). C’est dans les deux départements les plus urbanisés (Calvados et Seine-Maritime) que l’on compte le plus grand nombre d’entreprises (respectivement 800 et 1!!!100), même si la part des entreprises culturelles reste en deçà de la moyenne nationale. 
On compte 12!!!100!!!salariés (en équivalent temps plein) des secteurs culturels marchands et non marchands, soit 1,2!!!% de l’ensemble des salariés de cette région. Cette présence des salariés des secteurs culturels est inférieure à la moyenne des régions hors Île-de-France (1,5!!!%) et plus nettement inférieure à la moyenne nationale (2,2!!!%). Il faut souligner qu’il ne s’agit là que des salariés et que les secteurs culturels comptent de nombreux non-salariés (voir supra, «!!!Emploi culturel!!!»).
Le premier employeur des secteurs culturels et de la communication (Armatis Normandie) relève du secteur de la publicité, un secteur partiellement culturel dans la nomenclature européenne. Le deuxième établissement employeur (Corlet Imprimeur) relève du secteur de l’imprimerie.
Parmi les secteurs culturels, certains ont été particulièrement touchés par l’effet de la crise sanitaire. Ainsi, en 2020, les entreprises de projection cinématographique monorégionales (code Naf 59.14Z) enregistrent un recul de leur chiffre d’affaire de 53!!!% par rapport à 2019, contre 65!!!% dans l’ensemble des régions métropolitaines. Dans le domaine marchand du spectacle vivant (code Naf 90.01Z), les entreprises monorégionales ont perdu 51!!!% de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019!!!; le recul est plus fort dans l’ensemble des régions métropolitaines (-!!!60!!!%). Les librairies monorégionales (code Naf 47.61Z) en revanche, enregistrent des pertes plus modérées, avec un recul de leur chiffre d’affaires de 1!!!%. Ce recul est bien plus modéré que dans l’ensemble des régions métropolitaines où il s’établit à -7!!!%. Ainsi, bien que fortement concernées par l’impact de la crise sanitaire, les entreprises normandes de ces trois secteurs affichent un recul d’activité plus modéré qu’en moyenne nationale. 

Dépenses culturelles publiques

Les dépenses culturelles brutes des collectivités territoriales ont atteint 450!!!millions d’euros en 2019, réalisées à hauteur de 80!!!% par le bloc communal. Les dépenses culturelles brutes des cinq départements réunis équivalent à celles de la collectivité régionale, soit pour chacun de ces deux niveaux territoriaux, respectivement, 43!!!millions d’euros et 46 millions d’euros et 13!!!€ et 14!!!€ par habitant (contre 116!!!€ pour le bloc communal). Les crédits du ministère de la Culture en région représentent 23!!!€ par habitant pour un montant total de 76!!!millions d’euros.

Dépenses culturelles du bloc communal en Normandie!!!: 361!!!millions d’euros soit 114!!!€ par habitant
Le bloc communal de la région Normandie a dépensé 361 millions d’euros au titre de la culture en 2019, soit 114!!!€ par habitant et 8!!!% de leurs dépenses globales. Au sein de ce bloc, ce taux d’effort budgétaire est en moyenne plus faible pour les communautés d’agglomérations (CA) et les communautés de communes (CC) de la région (7!!!%)!!!; ces communautés regroupent le plus grand nombre d’habitants, autour d’un million chacune (30!!!% et 35!!!% de la population régionale) et totalisent le quart (93!!!M€) et le cinquième (82!!!M€) des dépenses culturelles totales des blocs communaux normands. Ces dépenses représentent 97!!!€ et 74!!!€ par habitant.
La métropole régionale de Rouen et les trois communautés urbaines régionales (Alençon, Caen et Le Havre) consentent un effort budgétaire en matière culturelle un peu plus élevé (9!!!% et 10!!!%) que les communautés d’agglomération et les communautés de communes. Concentrant une population moins nombreuse (800!!!000 et 400!!!000 habitants), elles affichent un montant élevé de dépenses culturelles en euros par habitant!!!: 158!!!€ et 177!!!€ par habitant.
La répartition départementale de la population régionale présente une petite concentration en Seine-Maritime où résident un tiers des habitants de la région. Dans ce département, le bloc communal réalise 44!!!% (soit 160!!!M€) des dépenses culturelles de l’ensemble des blocs communaux de la région. En raison du nombre élevé d’habitants, ces dépenses représentent 134!!!€ par habitant là où elles s’élèvent à 143!!!€ par habitant dans le Calvados, montant le plus élevé pour un volume de dépenses culturelles inférieur à 100!!!M€ et une population presque deux fois moindre que celle de la Seine-Maritime.
Le taux d’effort budgétaire moyen des blocs communaux pour la culture est le plus élevé dans le Calvados (10!!!%). Dans le département de l’Orne, le moins peuplé de la région, le taux d’effort budgétaire moyen pour la culture est de 7!!!%. Les blocs communaux de ce département totalisent 21!!!M€ de dépenses culturelles soit 87!!!€ par habitant. Dans la Manche (deux fois plus peuplée) et l’Eure (trois fois plus), les budgets culturels totaux des blocs communaux sont d’un peu plus de 40!!!M€ chacun, et représentent respectivement 80!!!€ et 63!!!€ par habitant.
Les dépenses du bloc communal sont les plus élevées pour l’action culturelle, les bibliothèques, et l’expression musicale, lyrique et chorégraphique, de l’ordre de 20!!!€ par habitant par domaine. C’est dans le département du Calvados que les dépenses sont les plus élevées pour l’action culturelle et les bibliothèques, avec respectivement 31!!!€ et 29!!!€ par habitant.
Le secteur du cinéma et des autres salles de spectacle concentre 6!!!€ par habitant en moyenne régionale, pour le bloc communal, et c’est dans le département de la Seine-Maritime que la moyenne est la plus élevée, avec 10!!!€ par habitant contre 2!!!€ à 6!!!€ par habitant dans les autres départements.

Dépenses culturelles des départements de Normandie!!!: 43!!!millions d’euros au total, soit 13!!!€ par habitant
La somme des dépenses culturelles des cinq départements de la région Normandie atteint près de 43!!!millions d’euros en 2019 soit 13!!!€ par habitant en moyenne (sous la moyenne nationale des départements!!!: 15!!!€ par habitant). Ces dépenses dépassent le budget culturel départemental moyen à l’échelle nationale (10!!!M€) pour la Seine-Maritime (près de 13!!!M€) et la Manche (12!!!M€). Pour les trois autres départements, elles se situent entre 5,5!!!M€ (Orne) et 6,5!!!M€ (Calvados). Rapportées à la population de chaque département, leurs dépenses culturelles se situent à 9!!!€ et 10€ par habitant, sauf pour les deux départements les moins peuplés!!!: 19,5!!!€ par habitant pour l’Orne et près de 24!!!€ par habitant pour la Manche. Ce sont également l’Orne et la Manche qui consentent aux taux d’effort budgétaire pour la culture les plus élevés des départements de la région, tous deux au-dessus du taux d’effort moyen départemental (1,2!!!%)!!!: respectivement, 1,8!!!% et 2,3!!!%. Pour l’Eure, ce taux est de 1,2!!!%!!!; il est inférieur à 1!!!% pour la Seine-Maritime et le Calvados.
La part de dépenses culturelles que chaque département de Normandie consacre aux patrimoines est supérieure à la part moyenne de l’ensemble des départements (53!!!%), et atteint 71!!!% pour la Manche!!!; elle est comprise entre 58!!!% (Eure) et 64!!!% (Orne) pour les autres départements. Manche et Seine-Maritime présentent un budget patrimonial nettement supérieur au budget patrimonial moyen des départements français, autour de 8!!!M€ (contre 5!!!M€)!!!; il représente pour la Manche 17 euros par habitant, soit le double de la moyenne nationale. En Seine-Maritime où la population est deux fois plus nombreuse que dans la Manche, les dépenses sont de 6!!!€ par habitant. Pour les trois autres départements, Orne, Calvados et Eure, le budget patrimonial se situe entre 3,5 M€ et 4!!!M€, soit 6!!!€ par habitant (sauf pour l’Orne, moins peuplé!!!: 13!!!€ par habitant).
Concernant les activités artistiques et l’action culturelle, seule la Seine-Maritime présente un budget supérieur au budget départemental moyen (5,2!!!M€ contre 4,6!!!M€)!!!; celui de la Manche est de 3,5!!!M€. Les trois autres départements y consacrent entre 2!!!M€ (Orne) et 2,5!!!M€ (Calvados et Eure). Rapportés aux populations départementales, ces budgets s’élèvent à 7!!!€ par habitant pour la Manche et l’Orne, soit à la moyenne de l’ensemble des départements, contre 3!!!€ à 4!!!€ par habitant pour les autres départements de la région.

Dépenses culturelles de la collectivité régionale de Normandie!!!: 46!!!millions d’euros soit 13!!!€ par habitant
La collectivité régionale de Normandie a dépensé 46 millions d’euros pour la culture en 2019, dont près de 38!!!M€ en fonctionnement. Cette région consacre une part de son budget total à la culture proche de la moyenne des régions!!!: 2,4!!!%. Rapportées aux 3,4!!!millions d’habitants, les dépenses culturelles totales de la région Normandie atteignent 14 euros par habitant, légèrement plus  que la moyenne des régions (11!!!€ par habitant).
La collectivité régionale de Normandie a consacré 90!!!% de ses dépenses culturelles au domaine des activités artistiques et de l’action culturelle, sensiblement plus que la moyenne des régions (74!!!%), soit 41!!!M€, contre 5!!!M€ pour le patrimoine (plus de la moitié en fonctionnement pour ce domaine), et respectivement 12!!!€ et 1!!!€ par habitant.
L’effort budgétaire de la collectivité régionale Normandie est le deuxième plus élevé des régions en fonctionnement, avec 3,4!!!% de ses dépenses affectées à la culture, alors qu’en investissement, son effort budgétaire s’établit à 1!!!% (contre 1,9!!!% en moyenne pour l’ensemble des régions).

Dépenses culturelles du ministère de la Culture en Normandie!!!: 76!!!millions d’euros soit 23!!!€ par habitant
Près de 76 millions d’euros dont 64 millions en fonctionnement ont été mobilisés par le ministère de la Culture en Normandie en 2019. Cela représente, pour la huitième région la plus peuplée (hors Ile-de-France), 23 euros par habitant (19 € par habitant en fonctionnement), en-deçà de la moyenne nationale (hors Ile de France)!!!: 26!!!€ par habitant (et 22!!!€ /habitant en fonctionnement).
Deux départements concentrent l’essentiel (80!!!%) des crédits ministériels!!!: en Seine-Maritime, département le plus peuplé de la région et siège de la capitale régionale Rouen, se localisent 45!!!% des crédits ministériels de fonctionnement hors masse salariale, soit 21!!!millions d’euros et 17!!!€ par habitant. Le Calvados (Caen), deux fois moins peuplé, bénéficie d’un peu moins de 17!!!M€ (soit 35!!!% des crédits de fonctionnement hors masse salariale) ce qui représente 24!!!€ par habitant L’Eure (Evreux), presqu’aussi peuplé que le Calvados, enregistre moins de 4 millions d’euros (pour la même catégorie de crédits) soit 6!!!€ par habitant. La Manche, un peu moins peuplée, bénéficie directement d’un volume équivalent de crédits, qui représentent7!!!€!!!par habitant. Dans l’Orne, département le moins peuplé de la région, les 2,2!!!M€ des crédits de fonctionnement du ministère de la Culture (hors masse salariale) représentent 8!!!€ par habitant.  

Sources et documentation

Insee, comparateur de territoires!!!: https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/1405599?debut=0&q=comparateur+de+territoire
Insee, statistiques locales!!!: h https://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&view=map3
Insee, l’essentiel sur… -> par région!!!: https://blog.insee.fr/ma-region-cest-lessentiel/
Insee, statistiques locales dossier complet!!!: https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/2011101
Commissariat général à l’égalité des territoires, Observatoire des territoires!!!: https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/portraits-et-comparaisons-de-territoires
Cécile Gnahoré-Barata, «!!!Normandie : une grande région réunifiée entre terre et mer!!!», in Éric Janin (sous la dir. de), Les 18 régions françaises, Ellypses, 2017

[1] Jonathan Brendler, Pauline Roger, Un Normand sur deux vit dans une commune rurale, Insee Analyses Normandie, n°!!!92, avril 2021.
[2] Pauline Roger, Bilan démographique 2020!!!: baisse des naissances et forte augmentation des décès en Normandie dans le contexte de pandémie, Insee Analyses Normandie, n°!!!94, juillet 2021.
[3] Camille Hurard, Martial Maillard, Les nouvelles zones d’emploi normandes!!!: des profils économiques divers, Insee Analyses Normandie, n°!!!83, septembre 2020