Île-de-France

Portrait culturel

Date de publication : 28/01/22, Dernière mise à jour : 06/05/22

Région-capitale, l’Île-de-France fait partie des six régions qui n’ont pas changé de périmètre à l’issue de la loi NotRe. Treizième en termes de superficie, la région est la plus peuplée et la plus riche de France. Elle compte huit départements, 1!!!268 communes, une métropole, une communauté urbaine, trente communautés de communes et vingt communautés d’agglomération.

  

—   Données de contexte  

Géographie

L’Île-de-France rassemble 12,2 millions d’habitants sur une superficie de 12!!!000 km2, ce qui en fait la région la plus densément peuplée (1!!!017 habitants au km2), près de dix fois plus que la moyenne nationale. Ainsi, l’Île-de-France rassemble 18!!!% de la population nationale sur 2!!!% du territoire. Paris compte 2,2 millions d’habitants!!!: c’est dans ce département que la densité est la plus forte avec 20!!!760 habitants au km2. Les départements de la couronne parisienne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne sont également densément peuplés. Ces trois départements ainsi que 7 communes d’autres départements de la région forment, depuis 2016, avec la capitale, la métropole du grand Paris, qui rassemble plus de la moitié de la population francilienne. La région est particulièrement urbanisée!!!: les territoires artificialisés représentent 22!!!% de l’aire francilienne, contre 5!!!% de l’ensemble du territoire français. Pour autant, les départements de Seine-et-Marne, des Yvelines, de l’Essonne et du Val d’Oise, plus éloignés de Paris, sont moins densément peuplés et abritent des terres agricoles et des forêts (Fontainebleau au sud, Rambouillet à l’ouest, Montmorency au nord pour les plus importantes). Ainsi, bien que densément peuplé et particulièrement urbanisé, le territoire francilien est constitué, pour un quart de sa surface de forêts, soit 287!!!000 hectares, dont 81!!!% sont des forêts domaniales. En dépit d’une concentration particulièrement marquée (26!!!% des communes sont situées dans des espaces densément peuplés contre 2!!!% à l’échelon national), 12!!!% des communes franciliennes relèvent malgré tout d’espaces très peu denses.
En termes d’attractivité urbaine, un quart des communes appartiennent à un pôle de 700!!!000 habitants ou plus, et les trois quarts à une couronne d’un grand pôle. La capitale polarise une grande partie de l’attractivité, mais Melun et Meaux, en Seine-et-Marne, et Mantes-la-Jolie dans les Yvelines, constituent également des pôles attractifs, plus éloignés de Paris.

Démographie

Avec 12,2 millions d’habitants en 2018, l’Île-de-France est la région de France la plus peuplée. Elle bénéficie d’une natalité dynamique comme en témoigne le solde naturel de 0,9!!!% contre 0,3!!!% en moyenne nationale, tandis que le solde entre entrées et sorties est négatif (-0,5!!!%) au cours de la période 2013-2018. La région est jeune!!!: elle affiche un indice de vieillissement de 58, parmi les plus bas des régions françaises!!!; seuls trois Dom, Mayotte, la Guyane et la Réunion, ont un indice plus faible. Le département de Paris connaît l’indice de vieillissement le plus élevé (88 personnes âgées de 65!!!ans ou plus pour 100 personnes âgées de moins de 20 ans), tandis que cet indice est le plus faible en Seine-Saint-Denis (40). 
Attractive, la région se caractérise par une part d’étrangers (14!!!%) et d’immigrés (20!!!%) deux fois plus importante qu’en moyenne nationale (respectivement 7!!!% et 10!!!%). 

Niveau de vie

Avec un niveau de vie annuel médian de 24!!!060!!!€ par unité de consommation en 2019, l’Île-de-France est la première région de France en la matière. C’est à Paris que le niveau de vie annuel médian est le plus élevé (28!!!570 €), et en Seine-Saint-Denis qu’il est le plus faible (18!!!070 €). À l’échelle de tous les départements français (hors Guadeloupe, Guyane et Mayotte[1]), Paris reste le premier en termes de niveau de vie médian, et la Seine-Saint-Denis l’avant-dernier, juste avant La Réunion. L’Île-de-France concentre ainsi les populations les plus riches mais aussi les plus pauvres et celles-ci se répartissent sur des territoires bien différents, dessinant une carte des inégalités socio-spatiales polarisées.
Dans les Hauts-de-Seine, les Yvelines et à Paris, respectivement 70!!!% et 69!!!% des ménages sont imposés, contre 52!!!% en moyenne nationale. En Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise en revanche, on compte respectivement 47!!!% et 59!!!% de ménages imposés. 
C’est dans la capitale que les inégalités de niveau de vie sont les plus importantes!!!: à Paris, le rapport entre le premier et le neuvième décile de niveau de vie est de 6,3!!!; il est de 4,9 dans les Hauts-de-Seine, de 3,8 en Seine-Saint-Denis et de 3,1 en Seine-et-Marne. Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines et le Val-de-Marne comptent parmi les cinq départements français où le revenu disponible par unité de consommation des plus aisés (neuvième décile) est le plus élevé. À l’inverse, la Seine-Saint-Denis figure, avec la Martinique et la Réunion, parmi les départements français où les revenus des populations les plus pauvres sont les plus faibles.
Ces indicateurs de revenus et de niveau de vie dessinent une carte sociale de la région, où les populations les plus aisées sont concentrées à Paris et dans les départements de l’ouest parisien, tandis que le nord de la capitale est marqué par des poches de pauvreté. Le taux départemental de pauvreté confirme ces fractures sociales territorialisées!!!: plus d’un quart de la population de Seine-Saint-Denis vit sous le seuil de pauvreté (27,9!!!%) contre un habitant sur cinq dans les Yvelines et dans les Hauts-de-Seine (15,4!!!%).
Dans tous les départements franciliens, plus de la moitié des ménages fiscaux sont imposés. En Seine-Saint-Denis, la part est inférieure à la part en France métropolitaine (respectivement 54,9!!!% et 57,6!!!%). Dans tous autres départements, les deux tiers jusqu’aux trois quarts des ménages fiscaux sont imposés (66!!!% dans le Val-d’Oise, 74,8!!!% à Paris).
Enfin, 1,5 millions d’habitants vivent en quartier prioritaire de la ville en Île-de-France!!!; cela concerne quatre habitants sur dix en Seine-Saint-Denis, contre moins d’un sur dix à Paris, dans les Hauts-de-Seine, en Seine-et-Marne ou dans les Yvelines. 

Économie

Avec un PIB de 726 milliards d’euros, l’Île-de-France est la première région française en termes de richesse produite et elle concentre près d’un tiers de la richesse nationale métropolitaine (31!!!%). Le PIB par habitant, 59!!!390 euros en 2018, est près de deux fois plus élevé que celui de la moyenne métropolitaine. L’Île-de-France est par ailleurs la huitième région européenne sur ce critère, soit l’une des régions les plus prospères en Europe. Le PIB par emploi, qui mesure la productivité apparente au travail, est de 112!!!560 euros, bien supérieur à la moyenne métropolitaine (74!!!840!!!euros). Cela reflète une structure de l’emploi marquée par une part importante de métiers qualifiés et la forte proportion de cadres, liée à la position de région-capitale qui concentre des postes décisionnels.
Le tissu économique compte plus de 1,2 millions d’entreprises dont un quart sont des petites entreprises comptant moins de 10 salariés.

Marché du travail

Première région en termes de richesse et d’emploi, l’Île-de-France concentre aussi 23!!!% des emplois que compte le territoire national. Ville capitale, héritière du centralisme jacobin, capitale régionale et commune, Paris et sa première couronne concentrent un nombre important d’emplois administratifs, mais la région se distingue surtout par la part d’emplois dans le secteur tertiaire marchand (63!!!% contre 50!!!% en moyenne nationale). Au total, près de neuf emplois sur dix (88!!!%) s’exercent dans le tertiaire en Île-de-France.
La Seine-et-Marne est le seul des huit départements franciliens qui compte des emplois agricoles (1!!!%). Dans les Yvelines, la part des emplois dans l’industrie (14!!!%) est deux fois plus importante qu’en moyenne régionale. Les Hauts-de-Seine et Paris comptent une part importante d’emplois tertiaires marchands (respectivement 71!!!% et 73!!!%).
Plus des deux tiers des actifs d’Île-de-France sont en emploi (67!!!%) soit une part plus élevée qu’en moyenne nationale (64!!!%), et le taux de chômage en 2020 (7,3!!!%) est légèrement plus bas qu’en moyenne nationale (8,0!!!%) en 2020. C’est à Paris, dans les Hauts-de-Seine et dans les Yvelines que le taux de chômage est le plus bas (6,4!!!%) et en Seine-Saint-Denis qu’il est le plus élevé (10,7!!!%).

Niveau d’éducation

Attractive, économiquement puissante, l’Île-de-France attire à la fois des cadres diplômés et des étudiants en raison du nombre et de la diversité des établissements d’enseignement supérieur qu’elle accueille!!!: plus de 700!!!000 formations d’enseignement, soit 20!!!% de l’offre française. La part des diplômés de l’enseignement supérieur (43!!!%) y est plus importante que dans toutes les autres régions et supérieure de 13 points à la moyenne nationale (30!!!%)!!!; à l’inverse, la part des non-diplômés (25!!!%) y est moins importante que partout ailleurs. C’est à Paris que les plus diplômés sont les plus présents (62!!!%) et en Seine-Saint-Denis que le sont les moins diplômés (37!!!%). Enfin, on dénombre 14!!!% de jeunes franciliens âgés de 15 à 24 ans qui ne sont ni en emploi ni en formation, et confrontés à des difficultés d’insertion, contre 17!!!% en France.
L’offre de l’enseignement supérieur artistique et culturel est également particulièrement riche à Paris!!!: une formation supérieure artistique et culturelle sur cinq est situé en Île-de-France (voir infra, § Offre culturelle)

Qualité de vie

La région compte 5,8 millions de logements, dont 90!!!% sont des résidences principales, tandis que la part des résidences secondaires est particulièrement faible (4!!!%). Moins de la moitié des résidences principales (48!!!%) sont occupées par leur propriétaire, en raison du coût de l’accession à la propriété dans cette région riche et attractive. La part du locatif social est également plus important que la moyenne!!!: il concerne 23!!!% des logements contre 15!!!% à l’échelle nationale.
La région bénéficie d’un réseau de transport en commun (métro, RER et trains de banlieue) particulièrement développé, de sept gares TGV à Paris et grande banlieue et de deux aéroports, une infrastructure de transport qui favorise les mobilités des Franciliens mais aussi celles des touristes. Ainsi, les Franciliens sont 44!!!% à utiliser les transports en commun pour se rendre au travail, contre 15!!!% des Français. Chaque jour, 41 millions de déplacements sont effectués.
Avec 72 millions de nuitées touristiques en 2019, l’Île-de-France concentre un tiers des nuitées touristiques du territoire, essentiellement dans des structures hôtelières. Paris accueillera les Jeux olympiques de 2024 et l’Exposition de 2025, deux événements mondiaux phares qui renforceront encore la notoriété internationale de la ville. Pôle d’attractivité touristique mondial, Paris attire pour ses équipements culturels nationaux de réputation internationale. 

—   Données culturelles 

Offre culturelle

L’offre culturelle francilienne constitue l’un des facteurs majeurs de son attractivité touristique. La région concentre en effet un grand nombre d’équipements culturels nationaux, de notoriété internationale. Au total, près de 6!!!400 lieux, équipements ou espaces labellisés maillent le territoire francilien, ce qui place la région parmi les mieux pourvues, derrière la Nouvelle Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes. L’Île-de-France est la mieux dotée de l’ensemble des régions françaises en théâtres!!!: près d’un équipement sur trois (32!!!%) est situé en Île-de-France.
La région compte près de 3!!!900 monuments historiques, inscrits ou classés, et édifices labellisés Architecture contemporaine remarquable, qui bénéficient de mesures de préservation particulières. Tous ne se visitent cependant pas.
La région compte également plus de 2!!!500 lieux de de visite, de spectacle, ou de documentation accueillant du public, l’Île-de-France rassemble plus de 2!!!500 lieux ou équipements culturels, dont un sur cinq se situe à Paris. Quatre de ces équipements sur dix sont des lieux de lecture publique, dont plus de la moitié sont des équipements d’une surface de plus de 100!!!m². Particularité de la région francilienne qui tient à son caractère particulièrement urbanisé, près de 60!!!% des lieux de lecture publique sont situés dans des espaces urbains. La Seine-et-Marne et les Yvelines comptent respectivement 105 et 65 points d’accès au livre dans des zones de faible densité.
Paris et sa région se caractérisent par la forte présence d’équipements nationaux, en particulier de musées et monuments. Sur les 66 musées nationaux que compte la France, près des deux tiers sont situés en Île-de-France dont 25 à Paris. Parmi eux, les musées les plus connus au monde, dont le Louvre, premier musée mondial en termes de fréquentation (9,5 millions d’entrées en 2019), les musées d’Orsay et de l’Orangerie (4,7!!!millions d’entrées), le musée national d’Art moderne (3,3!!!millions d’entrées) ou encore le musée du Quai Branly Jacques-Chirac (1,1 millions d’entrées). Au total, en 2019, les musées nationaux de la région ont attiré 38,7!!!millions de visites, dont les trois quarts dans des établissements parisiens. Le château de Versailles a quant à lui attiré 8,2 millions de visiteurs. La région compte par ailleurs vingt monuments et domaines nationaux gérés par le Centre des monuments nationaux (Panthéon, Tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris, Arc de triomphe, Conciergerie, Sainte-Chapelle, etc.). Ces lieux ont totalisé 5 millions de visites dont 89!!!% à Paris.
Dans le domaine du spectacle, la concentration des équipements, qu’ils soient ou non labellisés est également très importante!!!: l’Île-de-France concentre 29!!!% de l’ensemble des établissements dédiés aux arts du spectacle et près d’un tiers des théâtres. Quatre des cinq théâtres nationaux y sont situés, ainsi qu’un grand nombre de théâtres privés. 
La région compte un peu plus de 300 cinémas, près de 1!!!200 écrans et 230!!!360 fauteuils, dont plus de neuf sur dix sont situés dans des zones urbaines et denses. Avec un peu plus de 80 salles, Paris concentre un quart des cinémas franciliens dont près de la moitié sont labellisés Art et essai. C’est toutefois dans les Hauts-de-Seine, deuxième département le plus équipé en la matière, et non pas à Paris, que la part des cinémas labellisés est la plus importante (61!!!% dans ce département). Deux équipements cinématographiques seulement sont situés dans des zones de faible densité, en Seine-et-Marne, et tous deux sont labellisés Art et essai.
La région rassemble plus du quart des établissements d’éducation et de formation. Elle accueille!!!: 30!!!% des établissements d’enseignement artistique amateur et 21!!!% des formations de l’enseignement supérieur Culture (une centaine d’écoles placées sous la tutelle du ministère de la Culture.
Enfin, plus d’une librairie labellisée LIR sur cinq en France est située en Île-de-France. 

Emploi culturel

Professions culturelles

Avec 254!!!900 actifs qui déclarent une profession culturelle au titre de leur activité principale, l’Île-de-France compte 4,4!!!% de professionnels de la culture parmi l’ensemble de ses actifs, soit 2 points de plus que la moyenne nationale. La région concentre 42!!!% de l’ensemble des actifs exerçant une profession culturelle en France, une proportion particulièrement élevée puisqu’en comparaison, elle ne concentre que 22!!!% de l’ensemble de la population active française. La répartition des actifs au sein de ces professions culturelles est comparable à la répartition nationale!!!: la région compte 36!!!% de professionnels des spectacles, 28!!!% de professionnels des arts visuels et métiers d’art, 17!!!% de professions littéraires, 9!!!% d’architectes, 5 % de professeurs d’art (hors établissement scolaire) et 4!!!% de professions du patrimoine. En Île-de-France, les professionnels de la culture sont en proportion un peu plus jeunes que la moyenne nationale (44!!!% ont moins de 40 ans contre 41 % en France) et un peu plus souvent salariés (67!!!% d’entre eux le sont contre 62!!!% en moyenne nationale). 
Le territoire francilien, et plus particulièrement Paris et sa couronne, se caractérise donc par une attractivité particulièrement forte pour les professionnels de la culture. Plus de la moitié des professionnels de la culture d’Île-de-France résident à Paris (contre 32!!!% des actifs de la région) et notamment deux tiers des auteurs littéraires. La capitale concentre près de 140!!!000 actifs exerçant une profession culturelle, soit 7,7 % de l’ensemble de sa population active (3 points de plus que la moyenne régionale). La répartition de ces actifs est comparable à la répartition régionale. Après Paris, le département des Hauts-de-Seine compte le plus de professionnels de la culture!!!: près de 44!!!000 individus, soit 4,6 % de sa population active. Les professions littéraires y sont particulièrement représentées et concentrent 25!!!% des professionnels de la culture (contre 17!!!% en moyenne sur la région) et notamment les journalistes et rédacteurs en chef (18!!!% contre 12!!!% en moyenne régionale). C’est dans ces deux départements que travaillent près des trois quarts des professionnels de la culture d’Île-de-France. Les professions du spectacle sont surreprésentées en Seine-et-Marne (près d’un actif culturel sur deux exerce une profession du spectacle, notamment une profession technique) et en Seine-Saint-Denis (42!!!% de professions des spectacles).

Secteurs culturels

L’emploi culturel se mesure également par le nombre d’actifs dans les différents secteurs d’activité qui relèvent du champ culturel. Parmi eux, certains exercent une profession non culturelle (secrétaire dans un théâtre par exemple). Plus de quatre actifs des secteurs culturels sur dix résident en Île-de-France, soit 297!!!800 actifs représentant 5,2!!!% de l’ensemble de la population active de la région. Près d’un actif culturel sur quatre d’Île-de-France travaille dans les secteurs de l’audiovisuel et du multimédia (contre 16!!!% en moyenne nationale) notamment dans les secteurs de l’industrie du film, du disque et des jeux vidéo (16!!!% contre 9!!!% en moyenne nationale).
Paris concentre 172 600 actifs des secteurs culturels soit 9,5!!!% de l’ensemble des actifs du département. Près de six actifs des secteurs culturels sur dix d’Île-de-France résident dans la capitale, notamment 75!!!% des actifs du patrimoine et 67!!!% de ceux de l’architecture. Le département des Hauts-de-Seine compte quant à lui 54!!!400 actifs des secteurs culturels, soit 5,7!!!% de l’ensemble de sa population active. Le département concentre ainsi 42 % des actifs des secteurs de l’édition audiovisuelle et 30 % des actifs de la publicité de la région (contre 18!!!% de l’ensemble des actifs culturels de la région). Les secteurs de l’audiovisuel et du multimédia sont ainsi surreprésentés dans les Hauts-de-Seine tout comme en Seine-Saint-Denis où, en particulier, l’industrie du film, du disque et du jeu vidéo concentre 22!!!% des actifs culturels du département (contre 16 % en moyenne régionale).

Entreprises culturelles

L’Île-de-France est, de loin, la première région en termes d'entreprises culturelles. Elle en compte un peu plus de 30!!!000 entreprises, soit 6,4!!!% de l’ensemble des entreprises des secteurs marchands et non marchands dans cette région, contre une moyenne nationale hors Ile de France de 3,3!!!%. Cette forte proportion des entreprises culturelles est particulièrement marquée à Paris (9,4%) et dans les Hauts-de-Seine (6,9%) département où les entreprises des médias sont nombreuses. La proportion d’entreprises culturelles est plus particulièrement élevée dans les deux autres départements limitrophes de la capitale!!!: le Val-de-Marne (4,8%) et la Seine-Saint-Denis (5,2%). Les départements plus éloignés de la capitale sont ceux où la proportion d’entreprises est la moins forte. En Seine-et-Marne (3,1%) et dans l’Essonne (3,2%), la proportion d’entreprises culturelles est proche de la moyenne des départements de province (3,3!!!%). Ce résultat illustre l’attractivité urbaine des activités culturelles et confirme le caractère métropolitain de la culture tout en pointant une spécificité de la capitale et de son environnement géographique immédiat.
Ces entreprises emploient 227!!!000 salariés (en équivalent temps plein) actifs des secteurs culturels marchands, soit 4,4!!!% de l’ensemble des salariés des secteurs marchands et non marchands dans cette région. Il s’agit là quasiment de la moitié des salariés des secteurs culturels de France. Cette présence des salariés des secteurs culturels est très nettement supérieure à la moyenne hors Ile-de-France (1,5%). Il faut souligner qu’il ne s’agit là que des salariés et que les secteurs culturels comptent de nombreux non-salariés (voir supra, «!!!Emploi culturel!!!»).
Parmi les secteurs culturels marchands, certains ont été particulièrement touchés par l’effet de la crise sanitaire. Ainsi, en 2020, les entreprises de projection cinématographique monorégionales (code Naf 59.14Z) enregistrent un recul de leur chiffre d’affaire de 62!!!% par rapport à 2019, contre 65!!!% en France métropolitaine. Dans le domaine marchand du spectacle vivant (code Naf 90.01Z), les entreprises monorégionales ont perdu 62!!!% de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019, contre 60!!!% en France métropolitaine. Enfin, avec un recul de leur chiffre d’affaires de 15!!!%, les librairies monorégionales franciliennes (code Naf 47.61Z) enregistrent des pertes plus modérées, mais néanmoins bien plus fortes que les pertes enregistrées pour les entreprises monorégionales de ce secteur à l’échelle nationale (-!!!7!!!%).

Dépenses culturelles publiques

L’importance des dépenses du ministère de la Culture centralisées en Ile-de-France, à Paris en particulier, place la région en situation hors norme au regard des financements publics de la culture. Si un volume considérable des dépenses ministérielles est enregistré sur ce territoire, c’est non seulement en raison de la présence des services de l’administration centrale, mais surtout du fait de la localisation essentiellement parisienne de nombreux très grands établissements culturels nationaux ainsi que de dépenses toujours payées à Paris mais destinées à des interventions hors Ile-de-France. De ce fait, l’Île-de-France apparaît de prime abord la seule région où les dépenses culturelles des communes et de leurs groupements (1!!!;8 milliard d’euros, 146 euros par habitant) ne sont pas majoritaires, si l’on considère les dépenses totales du ministère de la Culture (près de 2,4 milliards d’euros, 192 euros par habitant). Hors masse salariale et hors Paris toutefois, le ministère de la Culture dépense 28 euros par habitant et 284 millions d’euros. Cela permet de rendre la comparaison possible avec les départements (950!!!millions d’euros de dépenses culturelles) et la collectivité régionale (85 millions d’euros en 2019) dans le panorama des dépenses publiques pour la culture dans cette région.

Dépenses culturelles du bloc communal en Île-de-France!!!: 1,8 milliard d’euros en 2019
Les blocs communaux de la région Île-de-France ont dépensé 1,8 milliard d’euros au titre de la culture en 2019, soit 146!!!€ par habitant et 6!!!% de leurs dépenses globales.
Hors Métropole du Gand-Paris, les vingt communautés d’agglomération franciliennes, regroupant 30!!!% de la population régionale, ont mobilisé 512!!!millions d’euros pour la culture, soit en moyenne 135 euros par habitant et une effort budgétaire d’un peu plus de 7!!!%.
Les dépenses culturelles des 30 communautés de communes totalisent 51 millions d’euros et représentent 55 euros par habitant. La seule communauté urbaine de la région, Grand-Paris-Seine-et-Oise (Yvelines) a engagé avec les 73 communes-membres, un budget culturel à hauteur de 46!!!millions d’euros pour 109 euros par habitant.
La majeure partie des dépenses culturelles du bloc local francilien sont regroupées sur le périmètre de la Métropole du Grand Paris: Celle-ci comprend Paris et toutes les communes des trois départements limitrophes (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) ainsi que leurs intercommunalités (à statut particulier!!!: établissements publics territoriaux). Cette entité métropolitaine regroupe plus de 7 millions d’habitants, soit près de 60!!!% de la population francilienne. Le total des dépenses culturelles s’y élève à près de 1,2 milliard d’euros soit 165 euros par habitant. Le budget culturel de la seule Ville de Paris atteint presque 500 millions d’euros (227!!!euros par habitant).
Les dépenses culturelles des blocs communaux par département francilien (hors département de Paris) sont assez homogènes, comprises entre 130!!!M€ et 155!!!M€, soit, rapporté à la population concernée, entre 100!!!€ et 150!!!€ par habitant. Il en va de même pour le taux d’effort budgétaire moyen des blocs communaux par département, qui varie de 6,5!!!% à 7,2!!!%, hormis en Seine Saint Denis (5,3!!!%) et en Seine-et-Marne (7,7!!!%).
Les trois secteurs de l’action culturelle, des bibliothèques, et de l’expression musicale, lyrique et chorégraphique, rassemblent plus de la moitié des dépenses culturelles du boc communal en Île-de-France, soit, rapportées à la population, respectivement 26!!!€, 29!!!€ et 29!!!€ par habitant. Dans le secteur de l’action culturelle, Paris se distingue puisque les dépenses de la commune rapportées à la population représentent 56!!!€ par habitant tandis que dans les autres départements, le montant est compris entre 16!!!€ et 22!!!€ par habitant.
Paris se distingue également dans le secteur des musées et de l’entretien du patrimoine, avec pour les musées une dépense de 57!!!€ par habitant quand dans les autres départements, les blocs communaux affichent une moyenne de dépenses allant de 1!!!€ à 5!!!€ par habitant. Dans le cas de l’entretien du patrimoine, la dépense moyenne régionale des blocs communaux est de 6!!!€ par habitant quand celle de Paris est de 14!!!€ par habitant.
Sur l’ensemble de la région, les dépenses dans le secteur du cinéma et des autres salles de spectacle représentent 8!!!€ par habitant pour le bloc communal!!!; dans le département de l’Essonne, cette moyenne est la plus élevée, avec 20!!!€ par habitant. Ainsi, deux communautés d’agglomération de l’Essonne (Val d'Yerres Val de Seine, et Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart) ont dépensé 2!!!M€ et 3,8!!!M€ en investissement pour ce secteur, et les communes des Ulis et de Saclay, respectivement 1!!!M€ et 1,5!!!M€. Ces seuls montants cumulés représentent 8,4!!!M€, soit un tiers de l’ensemble des dépenses du bloc communal en Essonne pour ce secteur.

Les départements franciliens, hors Paris, consacrent 161 millions d’euros à la culture en 2019
Le département de Paris est administré par la ville de Paris, qui est une collectivité à statut particulier exerçant les compétences municipales et départementales. Paris est sorti de l’analyse suivante sur l’intervention culturelle des départements de la région, et intégré à l’analyse des blocs communaux.
En dehors de Paris, la population régionale se répartit de manière plutôt homogène entre les sept départements (de 1,2 million à 1,6 million d’habitants) mais les dépenses culturelles départementales sont plus disparates. Le budget culturel des Hauts-de-Seine (65!!!M€) se distingue en particulier de ceux des autres départements franciliens dont les dépenses culturelles sont comprises entre 9!!!M€ (Seine et Marne) et 22!!!M€ (Essonne et Seine-Saint-Denis). Les Hauts-de-Seine affichent un taux d’effort budgétaire pour la culture de 3,7!!!%, contre 1,5!!!% en moyenne, et de 41!!!€ par habitant, là où tous les autres départements de la région se situent en-deçà de la moyenne nationale (15!!!€ par habitant) à l’exception de l’Essonne. L’effort budgétaire de ce dernier département (1,7!!!%) est également supérieur à la moyenne nationale. Seule la Seine-et-Marne consacre moins de 1!!!% de ses dépenses globales à la culture, ce qui représente 6!!!€ par habitant.
Cinq des sept départements consacrent plus de la moitié de leurs dépenses culturelles au domaine des activités artistiques et de l’action culturelle, jusqu’à 85% pour l’Essonne et la Seine-Saint-Denis. À l’opposé, les dépenses patrimoniales constituent 80!!!% des dépenses culturelles des Yvelines (et 57!!!% de celles du Val d’Oise).
Les Hauts de Seine engagent les montants les plus élevés des départements de la région pour les activités artistiques et l’action culturelle (près de 42!!!M€ soit 26!!!€ par habitant) comme pour les patrimoines (près de 24!!!M€ soit 15!!!€ par habitant). Les budgets culturels non patrimoniaux de l’Essonne et de la Seine-Saint-Denis approchent les 20!!!M€ chacun (et respectivement 15!!!€ et 12!!!€ par habitant). Seules les Yvelines consacrent au domaine des activités artistiques et de l’action culturelle un budget inférieur au budget départemental moyen à l’échelle nationale (2,5!!!M€ contre 4,6!!!M€). A contrario, ce département dépense 8!!!€ par habitant pour les patrimoines, soit le deuxième budget départemental de ce domaine (11!!!M€).

 85 millions d’euros consacrés à la culture par la collectivité régionale d’Île-de-France représentent 7!!!euros par habitant
La collectivité régionale d’Île-de-France a dépensé 85 millions d’euros pour la culture en 2019, dont plus de 44!!!M€ en fonctionnement. Rapportées aux plus de 12 millions d’habitants de la région la plus peuplée de France, les dépenses culturelles totales de la collectivité régionale représentent 7 euros par habitant, le plus faible montant des collectivités régionales. Deuxième budget culturel régional, son budget culturel d’investissement demeure le plus élevé de toutes les régions.
La collectivité régionale d’Île-de-France a consacré près des trois quarts de ses dépenses culturelles aux activités artistiques et à l’action culturelle, comme l’ensemble des régions, soit 70!!!M€ (dont 26!!!M€ d’investissement), contre 15!!!M€ pour le patrimoine (quasi exclusivement en investissement) soit, respectivement, un peu moins de 6!!!€ par habitant et un peu plus d’1!!!€ par habitant.
L’effort budgétaire global de la collectivité régionale en faveur de la culture (2!!!%) se situe en-deçà de la moyenne des régions (2,3!!!%). Il n’est significativement inférieur que pour les dépenses de fonctionnement seulement (1,7!!!% contre 2,4!!!% en moyenne nationale), tandis qu’en investissement, l’effort budgétaire atteint 2,3!!!% (contre 1,9!!!% en moyenne pour les régions).

En 2019, sur 2,4 milliards d’euros de crédits du ministère de la Culture en Ile-de-France, 284 millions d’euros se répartissent hors de Paris
Les crédits du ministère de la Culture localisés en Ile-de-France incluent les dépenses de l’administration centrale ministérielle, ainsi que celles consacrées à de nombreux grands établissements publics culturels nationaux, souvent situés à Paris même. C’est pourquoi ces dépenses atteignent presque 2,4 milliards d’euros dans cette seule région (dont 2 milliards en fonctionnement) et elles se traduisent par un montant de 192 euros par habitant, hors de proportion avec la moyenne régionale!!!: 26 euros par habitant, hors Ile-de-France.
Bien sûr une partie importante de ces dépenses a une vocation nationale, voire même internationale, telle celles des personnels des directions sectorielles centrales du ministère, ou en ce qui concerne les établissements publics les plus importants dans de nombreux domaines (Le Louvre, Versailles, la Bibliothèque nationale de France, l’Opéra national de Paris et Universcience regroupant la Cité des sciences et de l’industrie et le Palais de la découverte). Pour certains de ces établissements, une partie importante de leur public ne réside pas en Ile de France, ni même en France (jusqu’à 70!!!% d’entrées de visiteurs étrangers pour Le Louvre par exemple). A ceci s’ajoute le fait qu’une autre partie des dépenses ministérielles enregistrées à Paris peut financer un lieu culturel, un festival, une association nationale dont les bénéficiaires se situent hors l’Ile-de-France, mais qui dispose d’un siège à Paris ou qui est directement financé sur les crédits centraux.
Sur le seul territoire de Paris se localise plus d’1,7 milliard d’euros de crédits ministériels (hors masse salariale), soit 86!!!% du total régional. Le département dont le total des crédits ministériels est le deuxième plus élevé de la région est la Seine-Saint-Denis, avec 86 millions d’euros (dont 84 millions d’euros en fonctionnement). Les Hauts-de-Seine viennent ensuite!!!: 69!!!M€ et, plus loin derrière, les Yvelines (39!!!M€, dont 19!!!M€ en investissement!!!: montant le plus élevé des départements franciliens, hors Paris). Hors Paris, et hors masse salariale, les dépenses du ministère de la culture en Ile-de-France représentent 28!!!euros par habitant en moyenne. 

Sources et documentation

Insee, comparateur de territoires!!!: https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/1405599?debut=0&q=comparateur+de+territoire
Insee, statistiques locales!!!: h https://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&view=map3
Insee, l’essentiel sur… -> par région!!!: https://blog.insee.fr/ma-region-cest-lessentiel/
Insee, statistiques locales dossier complet!!!: https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/2011101
Commissariat général à l’égalité des territoires, Observatoire des territoires!!!: https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/portraits-et-comparaisons-de-territoires
Éric Janin, «!!!Île-de-France, une région-monde!!!», in Éric Janin (sous la dir.de), Les 18 régions françaises, Ellypses, 2017 
Atlas inédit des lieux culturels du Grand-Paris!!!: https://www.culture.gouv.fr/Regions/Drac-Ile-de-France/Publications/Atlas-inedit-des-lieux-culturels-du-Grand-Paris

[1] Pour ces trois départements, les données sont issues de l’édition 2017 de l’enquête Budget des familles, et les résultats ne sont donc pas comparables aux quatre-vingt-dix-huit autres.