Auvergne-Rhône-Alpes

Portrait culturel

Date de publication : 28/01/22, Dernière mise à jour : 02/05/22

Issue de la fusion, au 1er janvier 2016, de deux régions aux caractéristiques géographiques et de poids économique très différents, Auvergne-Rhône-Alpes est aujourd'hui la quatrième région française en termes de superficie, et la deuxième en termes de population et de PIB. La région compte désormais douze départements : Ain, Allier, Ardèche, Cantal, Drôme, Isère, Loire, Haute-Loire, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Haute-Savoie ; et quatre métropoles : Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand et Saint-Étienne.

—    Données de contexte 

 

Géographie

Auvergne-Rhône-Alpes rassemble 8 millions d’habitants sur un territoire qui représente 11 % de la superficie nationale. Avec une densité de population de 114 habitants par km2, Auvergne-Rhône-Alpes est plus densément peuplée que la moyenne nationale (105 habitant/km2), mais la concentration varie selon les espaces particulièrement contrastés de cette région, en raison de sa morphologie topographique. Des espaces ruraux faiblement peuplés du Cantal à la métropole lyonnaise, deuxième aire d'attraction urbaine du territoire national, et aux zones montagneuses de l'arc alpin, le territoire rhônalpin offre une diversité de paysages et de peuplement, des plus concentrés aux plus épars. 
La région compte douze départements, dont les profils sont contrastés : urbanisés à l'est, plus ruraux à l'ouest, l'espace régional est traversé par l'axe rhodanien qui structure les flux de mobilité et assure à la région une place majeure dans les échanges nord-sud, entre la capitale parisienne, la Méditerranée et les grandes vallées alpines industrialisées et dotées d'infrastructures de transport.
Au nord-ouest, la situation frontalière avec la Suisse et le Genevois constitue un autre pôle d'attraction. Structuré autour de grands pôles urbains pour le Rhône (la métropole lyonnaise rassemble plus de 1,4 millions d'habitants), l’Isère et la Haute-Savoie, l'espace rhônalpin est placé sous l'influence de l'attractivité des villes : un tiers de la population vit dans une commune appartenant à un pôle de plus de 700 000 habitants. Le territoire compte aussi des villes de taille moyenne, dans la Loire (Saint-Etienne), le Massif Central (Clermont-Ferrand) et la Savoie (Chambéry et Annecy), et des espaces bien moins denses dans les départements de l’Ain, de l’Ardèche, de la Drôme, du Cantal et de la Haute-Loire. La région compte ainsi 30 % de communes situées hors de la zone d’influence d’un pôle urbain, contre 25 % à l’échelle de la France. 3 % de la population vit sur 30 % du territoire. Le caractère montagnard de la géographie rhônalpine est une dimension majeure de l’identité de cette région. Avec la fusion des deux régions historiques, deux types de territoires se côtoient : les vieilles montagnes du Massif Central (plateaux et sucs ardéchoises, plateaux et pics cantaliens, anciens volcans du Puy-de-Dôme) et les contreforts et hauts reliefs de l’Arc alpin. La totalité de l’Auvergne et les trois quarts de Rhône-Alpes bénéficient de dispositifs financiers compensatoires à l’isolement de leur population (loi n° 83-50 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne).
Urbanisée, la région accueille 4 métropoles quand l’ensemble du territoire national n’en compte que 21. La métropole lyonnaise, pionnière historique de l’intercommunalité créée en 1968 rassemble 1,4 millions d’habitants et les quatre métropoles, 2,6 millions d’habitants au total, soit un tiers de la population régionale.

Démographie

Attractive, la région a gagné en population au cours de la dernière décennie (+0,6 % par an de 2013 à 2018), grâce au solde naturel (+ 0,4 %) mais aussi, dans une moindre mesure grâce au solde des entrées et sorties (+0,3 %). La Haute-Savoie, pour sa proximité avec la Suisse, est le département qui a gagné le plus grand nombre d'habitants, devant l'Ain puis le Rhône. Les départements les moins urbanisés, l'Allier et le Cantal, affichent une croissance négative, creusant ainsi l'écart entre territoires urbanisés et territoires ruraux.
La population régionale n’est pas parmi les plus jeunes de France : l’indice de jeunesse y est en moyenne de 97 individus de moins de 20 ans pour 100 habitants de 60 ans et plus. C’est dans les départements ruraux comme le Cantal, l’Allier, la Haute-Loire ou l’Ardèche que l’indice de jeunesse est le plus bas, et toujours inférieur à 80 % ; à l’inverse, en Isère, en Haute-Savoie, dans l’Ain et dans le Rhône, il est supérieur à 100. 
En Auvergne-Rhône-Alpes, 92 % des habitants vivent dans l’une des 95 aires d’attraction des villes que compte la région. Ces aires se composent de pôles, abritant 42 % des habitants, et de couronnes où vivent 50 % des habitants. Les emplois étant plus concentrés dans les pôles que dans les couronnes, ils sont à l’origine de nombreux déplacements domicile-travail. La population des couronnes croît plus vite que celle des pôles. Les migrations résidentielles (déménagements) profitent plus aux couronnes qu’aux pôles.


Niveau de vie

La population rhônalpine jouit d'un niveau de vie médian par habitant plus élevé que la médiane nationale (22 610 euros annuels, contre 21 930 en médiane nationale), ce qui place la région au deuxième rang derrière l'Île-de-France. La situation est contrastée selon les départements : l'aire d'attraction de la Suisse, qui offre des revenus plus élevés à ses travailleurs frontaliers, explique en partie ce revenu médian élevé, qui concerne d'abord la Haute-Savoie (26 540 euros annuels), tandis que les revenus des habitants des départements les plus à l'ouest et les plus ruraux, l'Allier et le Cantal, restent inférieurs à 21 000 euros.
Le taux de pauvreté de la population auvergne-rhônalpine est l'un des taux régionaux les plus bas, avec 12,8 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, contre 14,5 % sur l'ensemble du territoire métropolitain. À l'échelle infra-régionale, les départements les plus ruraux (Allier, Ardèche, Cantal, Drôme, Loire) sont les plus défavorisés, à l’exception de la Haute-Loire (11,9 %). Le Rhône affiche lui aussi un taux de pauvreté (14,2 %) supérieur à celui de la région en raison de la présence de populations pauvres dans certains quartiers et communes de la métropole lyonnaise. À l'inverse, la Haute-Savoie, qui bénéficie de la proximité de la Suisse en termes d'emploi, affiche un des taux de pauvreté national parmi les plus bas (9,4 %).
Après l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région française où plus de la moitié des ménages fiscaux sont imposés (58,4 % pour une moyenne métropolitaine de 57,6 %). En Savoie, et dans le Rhône, en Haute-Savoie, en Isère, et dans l’Ain, cette part est supérieure à la moyenne régionale.
En Auvergne-Rhône-Alpes, le rapport interdécile de niveau de vie est de 3,4, relativement proche du rapport pour la France métropolitaine (3,4). Cela signifie que les revenus des 10 % des ménages les plus aisés sont au moins 3,4 fois plus élevés que ceux des 10 % des ménages les plus pauvres. L’écart est toutefois bien plus important selon les départements : en Haute-Savoie par exemple, le rapport entre le 1er et le 9e décile de niveau de vie est de 4,2, tandis qu’il n’est que de 2,7 en Haute-Loire et dans le Cantal. Si le premier décile de niveau de vie reste assez comparable pour les douze départements (l’écart est de 2 200 € entre l’Allier et la Haute-Savoie), les différences entre ceux du neuvième décile sont bien plus importantes d’un département à l’autre (l’écart est de 32 600 € entre la Haute-Loire et la Haute-Savoie).
Auvergne-Rhône-Alpes compte 140 quartiers politique de la ville, répartis dans certains quartiers du centre et de la couronne des métropoles, mais aussi dans des communes de taille plus modeste, en Ardèche, dans la Drôme ou encore en Savoie. Ces 140 quartiers prioritaires, dont une part importante de la population vit en-deçà du seuil de pauvreté et qui cumule des difficultés économiques et d’accès à l’emploi concerne 411 400 habitants.


Économie

Avec un PIB de 272,6 milliards d'euros (2018), Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région française en termes de production de richesses, après l'Île-de-France. Le PIB par habitant s'établit à 34 117 euros (contre 30 268 en France métropolitaine hors Île-de-France). Avec Provence-Alpes-Côte d'Azur et Pays de la Loire, ce sont les quatre régions situées au-dessus de la moyenne nationale.
Le PIB par emploi qui mesure la productivité apparente du travail s’établit à 78 930 euros, ce qui place la région au deuxième rang après l’Île-de-France et au-dessus de la moyenne nationale (74 840 euros pour la France métropolitaine hors Île-de-France). Cet indicateur illustre la bonne santé économique de la région qu’elle doit en partie à l’implantation d’activités à forte valeur ajoutée.
Auvergne-Rhône-Alpes est l’une des régions les plus industrialisées de France. La part des emplois dans l'industrie y est plus importante que dans l’ensemble (15 % contre 12 % pour la France entière), tandis que les emplois tertiaires, à l’inverse, y sont moins présents (respectivement 77 % contre 80 %). C’est dans l’Ain (21 %) et la Haute-Loire (20 %) que la part des emplois industriels est la plus élevée, et dans le Rhône et en Savoie qu’elle est la plus faible (11 %). Enfin, le Cantal, département rural situé loin des grands axes de mobilité, se distingue par une part d’emplois dans l’agriculture particulièrement élevée (12 %, contre 2 % en moyenne nationale).

Marché du travail 

Fin 2019, Auvergne-Rhône-Alpes compte 3,5 millions d’emplois, en évolution positive de 1,4 % par rapport à 2018, une progression comparable à celle de la France entière, hors Mayotte. Le marché de l’emploi est particulièrement dynamique dans le Rhône et en Savoie (respectivement 2,2 % et 2,1 %), tandis que l’évolution est négative dans l’Allier et en Haute-Loire (respectivement -0,3 % et -0,1 %).
On dénombre 4,9 millions d’actifs âgés de 15 à 64 ans, dont deux actifs sur trois (67 %) sont occupés, soit légèrement plus que la moyenne nationale (64 %). Le dynamisme économique de la région se traduit donc également par un marché du travail vigoureux.
En 2020, le taux de chômage s’établit à 7 %, ce qui place la région parmi les plus épargnées par le chômage, derrière la Bretagne, la Bourgogne-Franche-Comté et au même niveau que les Pays de la Loire. C’est dans le Cantal et dans l’Ain que le taux de chômage est le plus bas (respectivement 4,7 % et 6,0 %), et dans la Loire, l’Allier, la Drôme et l’Ardèche qu’il est le plus élevé et supérieur au taux régional (respectivement 7,9 %, 8,6 %, 8,6 % et 8,7 %).
Le découpage en zones d’emploi est le zonage le plus adapté à l’étude des problématiques liées aux marchés locaux du travail. L’actualisation de ce zonage en 2020 permet une harmonisation avec la méthode européenne et la prise en compte des évolutions récentes des navettes domicile-travail. Auvergne-Rhône-Alpes est désormais découpée en 39 zones d’emploi de tailles variées : Saint-Flour est la plus petite zone d’emploi de France, et Lyon, la deuxième plus grande après Paris. Même si toutes ont connu une tertiarisation de l’emploi, elles gardent des différences marquées du point de vue des activités économiques et du fonctionnement de leur marché du travail. Elles se distinguent également selon la localisation et les types d’emplois proposés, ou encore par leur caractère plus ou moins résidentiel. Les zones d‘emploi de Lyon et de Grenoble en particulier concentrent une part importante des emplois de conception-recherche, de gestion ou de prestations intellectuelles au sein de fonctions nommées « métropolitaines ». Nationalement, les territoires peuvent se différencier en sept grands groupes. Du fait de sa taille et de sa diversité, ces sept types sont présents en Auvergne-Rhône-Alpes.

Niveau d’éducation

Avec 32 % de la population diplômée de l'enseignement supérieur, la région compte la part de diplômés parmi les plus importantes en France en 2018. C'est dans les départements les plus urbanisés que la part des diplômés de l'enseignement supérieur est la plus élevée (Rhône, 40 % et Isère, 34 %), et dans les moins urbanisés qu’elle est la plus faible (Allier et Cantal, respectivement 21 et 20 %).
330 100 étudiants sont inscrits dans les formations de l’enseignement supérieur en Rhône-Alpes, dont 61 % à l’université, 8 % en sections de techniciens supérieurs et 7 % en écoles de commerce, gestion et comptabilité.

Qualité de vie 

En 2018, Auvergne-Rhône-Alpes compte 4,5 millions de logements, dont 80 % sont des résidences principales. Celles-ci sont presque deux fois plus nombreuses qu’il y a cinquante ans. Cette hausse provient de la croissance démographique et de la baisse de la taille moyenne des ménages. Leur nombre a particulièrement augmenté dans les couronnes des pôles. Une résidence principale sur cinq a été construite avant 1946. Les couronnes, au cœur de la périurbanisation, comptent de nombreux logements récents. Les logements sont composés, en moyenne, d’un plus grand nombre de pièces qu’il y a 50 ans, notamment dans les couronnes et hors des aires d’attraction des villes. Le nombre de maisons dépasse désormais celui des appartements.
La part des résidences secondaires (20 %) est l’indice d’une des caractéristiques de cette région : son attractivité touristique. Bénéficiant à la fois des reliefs alpins à l'est, du soleil provençal au sud, et des espaces naturels du Massif Central à l’ouest, la région affiche de nombreux atouts et attire des touristes en hiver comme en été. En 2019, le nombre de nuitées touristiques s'établit à 36 millions, en progression de 1,6% en un an, soit un nouveau record de fréquentation pour la région. Les nuitées hôtelières connaissent une croissance annuelle presque trois fois plus forte qu'en France métropolitaine. Le Rhône et la Haute-Savoie bénéficient en premier lieu de cette progression de la fréquentation touristique (+ 4% pour chacun) et affichent le plus grand nombre de nuitées. Dans ces deux départements, c'est la clientèle résidente, c'est-à-dire vivant en France, qui tire la croissance.
Ces deux départements illustrent les pôles d'attraction de la région : l'aire métropolitaine d'une part, les reliefs de montagne de l'autre, qu'ils soient alpins ou dans le Massif Central. La région compte d'ailleurs neuf parcs naturels régionaux (Baronnies provençales, Bauges, Chartreuse, Haut-Jura, Livradois-Forez, Monts d'Ardèche, Pilat, Vercors, Volcans d'Auvergne) et trois parcs naturels nationaux (Cévennes, Écrins et Vanoise). L’Aven d’Orgnac, en Ardèche, au sud du plateau calcaire des gorges de l’Ardèche, est labellisé Grand Site de France depuis 2004 ; le Puy de Dôme depuis 2008 et le Puy Mary, volcan du Cantal, depuis 2012.


—   Données culturelles


Offre culturelle

Patrimoine, lieux de visite et de spectacle, médiathèques, bibliothèques et points de lecture, librairies labellisées…, la région Auvergne-Rhône-Alpes compte au total 8 770 lieux et équipements culturels labellisés, soit 12 % de l’offre nationale. Les monuments historiques classés, inscrits, ou partiellement classés et inscrits (près de 4 900 au total) ainsi que les édifices labellisés Architecture contemporaine remarquable (près de 200) dont l’architecture a moins d’un siècle, représentent plus de la moitié (57 %) des sites culturels de la région. Tous ne se visitent cependant pas. Plus de 3 700 autres lieux, de visite, de spectacle et de documentation maillent le territoire régional. 
Les lieux de lecture publique représentent plus des deux tiers (70 %) d’entre eux. Les lieux patrimoniaux (musées, monuments, maisons des illustres, jardins remarquables, centres culturels de rencontre) rassemblent 11 % de l’offre culturelle régionale ; les cinémas, 9 %, les archives et les lieux de spectacle, moins de 5 %.
38 % de la population auvergne-rhônalpine vit dans une aire d’attraction urbaine de plus de 700 000 habitants et, à l’autre extrémité du spectre, 9 % dans des communes hors d’attraction des villes ; la répartition des équipements est légèrement différente : les habitants des zones rurales et peu denses bénéficient malgré tout de la présence d’un équipement culturel de la région sur cinq. Pour autant, ces territoires faiblement urbanisés rassemblent 20 % de l’offre culturelle en équipements, essentiellement des bibliothèques et points d’accès au livre, mais aussi des cinémas, des musées et des jardins remarquables. 
Le maillage territorial particulièrement fin pour les équipements de lecture publique illustre le volontarisme de la politique impulsée par l’État et relayée par les collectivités territoriales en matière de lecture publique, notamment des départements en charge des lieux et points d’accès au livre dans les communes de moins de 10 000 habitants, mais aussi des communes qui ont la charge de ces équipements et de leurs personnels. Sur les 2 250 lieux de lecture publique, 60 % sont des points d’accès au livre qui desservent des communes de moins de 10 000 habitants, soit les zones les moins densément peuplées, qui rassemblent malgré tout un tiers de la population rhônalpine.
Les cinémas, qui peuvent bénéficier d’un soutien de l’Etat avec l’attribution du label Art et essai, et des collectivités territoriales qui contribuent au financement de leur construction, sont le deuxième équipement le plus répandu sur le territoire, qui en compte un peu plus de 320 dont une trentaine de multiplexes, pour 830 salles et 35 300 fauteuils. Le Rhône est le département le plus pourvu : 51 cinémas, contre 8 dans l’Allier et dans le Cantal. La part des cinémas labellisés est plus importante dans les territoires les moins pourvus (Haute-Loire, 91 %, Allier 63 %, Cantal 75 %), signe que la politique publique permet la présence sur des territoires peu denses et peu pourvus d’une offre de qualité et diversifiée, là où les acteurs privés ne s’implantent pas en raison d’une zone de chalandise limitée.
Les équipements labellisés du spectacle et des arts visuels, en revanche sont essentiellement présents dans les zones urbaines (pôles ou couronnes de pôles d’attractivité urbaine).
La région compte sept monuments nationaux situés dans cinq départements : le monastère de Brou et le château de de Ferney-Voltaire dans l’Ain, le château de Chareil-Cintrat dans l’Allier, le cloître et la cathédrale du Puy-en-Velay en Haute-Loire, la cathédrale de Lyon, les châteaux d’Aulteribe à Sermentizon et celui de Villeneuve-Lembron dans le Puy-de-Dôme. Ces sept monuments ont attiré 173 300 visiteurs en 2019, tandis que les 126 musées de France répartis sur l’ensemble du territoire auvergne-rhônalpin ouverts au public cette année-là ont généré 3,8 millions de visites en 2019 (13 étaient fermés).
Le patrimoine naturel et bâti est également valorisé au travers du label des villes et pays d’art et d’histoire : 22 villes et pays d’art et d’histoire en Auvergne-Rhône-Alpes mettent en lumières des centres historiques et sont des facteurs d’attractivité touristique. Au-delà du bâti, le patrimoine s’incarne aussi dans l’art des jardins : Auvergne-Rhône-Alpes compte trente jardins remarquables labellisés. La région, enfin, compte des sites archéologiques majeurs, certains classés au patrimoine mondial de l’humanité : grotte Chauvet en Ardèche, sites palafittiques préhistoriques en Savoie et Haute-Savoie.
Enfin, près d’une centaine de services d’archives (96) communales, départementales, régionales et le service d’archives ont attiré 123 000 usagers en 2019.

Emploi culturel

Professions culturelles

Avec 62 100 actifs qui déclarent une profession culturelle au titre de leur activité principale, Auvergne-Rhône-Alpes compte 1,9 % de professionnels de la culture parmi l’ensemble de ses actifs. Les professionnels des arts visuels et des métiers d’art rassemblent un tiers de ces professionnels, dont près d’un sur cinq travaillent dans le domaine des arts graphiques, de la mode et de la décoration. 30 % sont des artistes, cadres et techniciens du spectacle. Les femmes représentent moins de la moitié des professionnels de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes (46 %), une part proche de la moyenne nationale (45 %). Quatre professionnels de la culture sur dix exercent leur profession en tant que non-salariés, contre 13 % de l’ensemble de la population active. En Auvergne-Rhône-Alpes cette part des professionnels non-salariés est comparable à la moyenne nationale (38 %).
La centralité de la capitale régionale s’observe aussi en matière de regroupement des professionnels de la culture : c’est dans le Rhône, département le plus peuplé de cette région, que la part des professions culturelles est la plus élevée (2,6 %). La richesse par habitant semble également être un critère de polarité. Ainsi, après le Rhône, c’est en Haute-Savoie, département où le niveau de vie médian est le plus élevé, que la part des professions culturelles est la plus importante. Dans ce département, les professionnels des arts visuels et des métiers d’art sont particulièrement présents : ils rassemblent 40 % des professionnels de la culture haut-savoyards (contre 32 % en moyenne dans la région), tandis que les professionnels des spectacles y sont, à l’inverse, moins nombreux (24 % contre 30 %). 
Le poids historique des deux anciennes régions se traduit dans la répartition des professions culturelles sur le territoire régional : tous les départements de l’ancienne région Rhône-Alpes, à l’exception de l’Ain, affichent une part de professions culturelles supérieure à celle des départements d’Auvergne, y compris le Puy-de-Dôme, département de l’ancienne capitale régionale, Clermont-Ferrand.
 

Secteurs culturels

L’emploi culturel se mesure également par le nombre d’actifs dans les différents secteurs d’activité qui relèvent du champ culturel. Parmi eux, certains exercent une profession non culturelle (secrétaire dans un théâtre par exemple). On compte 67 100 actifs des secteurs culturels en Auvergne-Rhône-Alpes, soit 2,1 % de l’ensemble de la population active de la région. Plus d’un actif sur cinq (22 %) travaillent dans les secteurs de l’écrit (presse et livre). La part des actifs du spectacle vivant parmi les actifs des secteurs culturels est plus importante dans la région (21 %) qu’en moyenne nationale (18 %) ; cela vaut aussi pour les actifs de l’architecture (respectivement 13 % et 10 %), tandis qu’à l’inverse, les professionnels de l’audiovisuel et du multimédia sont moins nombreux (9 %) qu’en moyenne nationale (16 %). 
C’est dans le département du Rhône que la concentration d’actifs des secteurs culturels est la plus élevée (2,8 %), dépassant même la moyenne nationale (2,6 %). La Loire est le deuxième département le plus concentré en actifs des secteurs culturels (2,6 %), devant la Haute-Savoie (2,1 %). Les secteurs de la presse sont surreprésentés parmi les secteurs culturels de la Loire : 36 % des actifs exerçant une activité culturelle dans ce département le font dans un secteur de la presse (contre 16 % en moyenne dans la région) et notamment dans le commerce de détail de journaux et papeterie en magasin spécialisé. En Haute-Savoie, les secteurs des arts visuels (arts plastiques et autre création artistique, design, photographie) rassemblent 18 % des actifs culturels alors que l’on compte 40 % de professionnels des arts visuels dans ce même département, une différence qui s’explique par le fait que ces professionnels travaillent pour près de la moitié d’entre eux dans un secteur non culturel, notamment dans l’industrie manufacturière (bijouterie, joaillerie, fabrication d’instruments de musique…) et dans le commerce de détail.

Entreprises culturelles

En 2018, l’Auvergne-Rhône-Alpes est la deuxième région la plus importante en termes d'entreprises culturelles, après l'Île-de-France. Elle compte un peu plus de 10 500 entreprises des secteurs culturels marchands et non marchands, soit 3,7 % de l’ensemble des entreprises dans cette région. C’est dans les départements les plus urbanisés, le Rhône et l’Isère, que l’on compte le plus grand nombre d’entreprises (respectivement 3 500 et 1 600). Dans le Rhône, la part des entreprises culturelles dans l’ensemble des secteurs marchands et non marchands atteint même 4,9 %, contre 3,9% à l'échelle nationale. Ce résultat illustre, là encore, l’attractivité urbaine des activités et confirme le caractère métropolitain de la culture. À l’inverse, c’est dans le Cantal, très peu urbanisé, que la part des entreprises culturelles est la plus faible (2,1 %).
On compte 40 700 salariés (en équivalent temps plein) actifs des secteurs culturels marchands et non marchands, soit 1,6 % de l’ensemble des salariés dans cette région. Il faut souligner qu’il ne s’agit là que des salariés et que les secteurs culturels comptent de nombreux non-salariés (voir supra, « Emploi culturel »).
Parmi les secteurs culturels, certains ont été particulièrement touchés par la crise sanitaire. Ainsi, en 2020, les entreprises de projection cinématographique monorégionales d’Auvergne-Rhône-Alpes (code Naf 59.14Z) enregistrent un recul de leur chiffre d’affaires de 67 % par rapport à 2019, contre 65 % en France métropolitaine. Dans le domaine marchand du spectacle vivant (code Naf 90.01Z), les entreprises monorégionales de la région enregistrent un recul de 55 % de leur chiffre d’affaires par rapport à 2019, contre 60 % en France métropolitaine pour l’ensemble des entreprises de spectacle vivant. Enfin, les librairies monorégionales de la région (code Naf 47.61Z) en revanche, enregistrent des pertes plus modérées, avec un recul de leur chiffre d’affaires de 6 %, comparable au recul observé en France métropolitaine pour l’ensemble du secteur (7 %)

Dépenses culturelles publiques

En 2019, les dépenses culturelles brutes des collectivités territoriales d’Auvergne-Rhône-Alpes s’élèvent à 1,1 milliard d’euros (9,5 milliards pour la France entière). En Auvergne-Rhône-Alpes, 84 % de ces dépenses sont engagées par le bloc communal (940 millions d’euros), 11 % par les départements (127 millions d’euros) et 5 % (58 millions d’euros) par la région (respectivement 82 %, 10% et 8 % pour la France entière).
Le ministère de la Culture a dépensé 200 millions d’euros pour la région soit 15 % des dépenses culturelles publiques brutes.

Les communes et leurs groupements consacrent 940 millions d’euros à la culture
En Auvergne-Rhône Alpes, le bloc communal a dépensé 940 millions d’euros pour la culture en 2019. Rapporté à la population rhônalpine, cela correspond en moyenne à 126 € par habitant, très proche de la moyenne nationale (127 € par habitant). 
Auvergne-Rhône-Alpes compte quatre métropoles – Lyon, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand et Grenoble, qui concentrent un tiers de la population régionale –, 28 communautés d’agglomérations (regroupant un tiers de la population régionale) et près de 80 communautés de communes (où réside le dernier tiers).
Les quatre métropoles régionales réalisent plus de la moitié des dépenses du bloc communal (475 M€), correspondant à une dépense moyenne de 187 € par habitant. Les dépenses culturelles des communautés d’agglomération s’élèvent à 305 M€ (123 € par habitant) et celles des communautés de communes à 160 M€ (66 € par habitant).
C’est dans le Puy-de-Dôme que l’on observe, de la part du bloc communal, l’euro culturel par habitant pour les dépenses culturelles totales le plus élevé de la région, avec 176 € par habitant, tandis que dans trois départements, l’euro culturel par habitant du bloc communal est inférieur ou égal à 90 € par habitant : l’Ain, l’Ardèche et la Haute-Loire. Traduisant sans doute en partie le niveau élevé de l’engagement culturel de l’échelon intercommunal de Clermont Métropole, le taux d’effort budgétaire moyen en matière culturelle des blocs communaux du Puy-de-Dôme atteint 12 %, alors qu’il oscille entre 6 % et 8 % dans les autres départements, proches de la moyenne nationale (7 %).
Les montants des dépenses consacrées aux différents secteurs culturels sont variables. Les plus importants concernent les bibliothèques et médiathèques, qui sont, en moyenne régionale pour l’ensemble du bloc communal, de 26 € par habitant. Les blocs communaux des départements de la Drôme, du Puy-de-Dôme et du Rhône sont nettement au-dessus de cette moyenne, avec des dépenses respectives de 38, 37 et 35 € par habitant).
Ce sont ensuite dans les secteurs de l’action culturelle et de l’expression musicale, lyrique et chorégraphique, que les dépenses en euros par habitant sont les plus élevées, avec respectivement 20 € et 25 € par habitant de la part de l’ensemble du bloc communal d’Auvergne-Rhône-Alpes. 
Les secteurs muséal et théâtral, concentrent respectivement 12 € et 10 € par habitant en moyenne régionale, pour le bloc communal. Dans le secteur des musées, l’Ardèche apparaît très en retrait de la moyenne régionale, avec 2 € par habitant, contre 19 € et 22 € par habitant pour les départements de la Loire et du Rhône. Pour les dépenses à destination du théâtre, les dépenses du bloc communal rapportées à la population départementale sont toutes très proches de la moyenne régionale (10 € par habitant), à l’exception du Puy-de-Dôme, où la commune de Clermont-Ferrand a consacré une dépense d’investissement très forte au théâtre en 2019 : 14,5 millions d’euros. Cela contribue à porter la dépense du bloc communal dans le Puy-de-Dôme à 32 € par habitant pour le secteur du théâtre, bien au-dessus de la moyenne régionale.
Concernant le cinéma et autres salles de spectacle, la dépense régionale du bloc communal est de 7 € par habitant, allant de 1 € par habitant pour les blocs communaux de l’Allier ou du Cantal, jusqu’à 25 € par habitant pour le bloc communal de la Savoie. Dans ce département, une dépense importante en investissement (8,1 M€) à Chambéry explique ce montant élevé.

Les dépenses culturelles des collectivités départementales totalisent 127 millions d’euros
La somme des dépenses culturelles des douze départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes atteint 127 millions d’euros en 2019, soit le deuxième plus important volume de crédits culturels pour cet échelon parmi les régions françaises, derrière l’Ile-de-France (161 M€, huit départements). Rapportées à la population, les dépenses culturelles départementales (16 € par habitant) sont proches de la moyenne nationale (15 € par habitant).
Les douze départements de la région sont de tailles très différentes et leurs budgets culturels s’échelonnent de moins d’un million d’euros à plus de 33 millions. Quatre départements, le Rhône, le Puy-de-Dôme, l’Ain et la Savoie, présentent un budget culturel supérieur au budget culturel départemental moyen à l’échelle nationale (9,9 M€).
Rapportées à la population, les dépenses culturelles départementales vont de 6 euros (Cantal) à 37 euros (Savoie) par habitant et sept départements se situent au-dessus de la moyenne nationale (15 € par habitant) : outre la Savoie, l’Isère, le Puy-de-Dôme, l’Ain, l’Allier, l’Ardèche et le Rhône. Dans le département du Rhône, la métropole lyonnaise a repris les compétences départementales (y compris culturelles) sur son périmètre métropolitain, ce qui réduit le budget du département. Pour tenir compte de ce cas particulier, le budget culturel du département est rapporté à la population départementale hors métropole (soit 420 500 habitants au lieu de 1,8 million) : ses dépenses culturelles s’élèvent ainsi à 28 € par habitant, les deuxièmes plus élevées de la région.
L’effort budgétaire en faveur de la culture de ces sept départements est également supérieur à la moyenne nationale (1,4 %), au-delà du double de celle-ci pour la Savoie (3,2 %) et le Rhône (2,8 %), au-dessus de 2 % pour l’Isère (2,5 %) et l’Ain (2,1 %), juste en-dessous pour le Puy-de-Dôme et l’Allier (1,9 %) et plus proche de la moyenne pour le dernier, l’Ardèche (1,6 %). De ceux des cinq autres départements de la région, seul l’effort budgétaire pour la culture du Cantal (0,5 %) est inférieur à 1 %.
Les dépenses patrimoniales représentent plus de 80 % du budget culturel total du Rhône et de l’Allier contre seulement le quart de celui de la Haute-Savoie. Ce dernier ainsi que le département de l’Ardèche sont les seuls départements de la région à donner une franche priorité aux activités artistiques et à l’action culturelle, leur consacrant respectivement près de 60 % et de 75 % de leurs dépenses culturelles totales.
Rapportées à la population, les dépenses patrimoniales sont les plus élevées pour le département de la Savoie (25 € par habitant) ; elles sont de 20 € par habitant en Isère, qui a le budget patrimonial le plus important des départements de la région (25 M€), et seulement de 2 € par habitant en Haute-Savoie.
L’effort culturel des départements pour les activités artistiques et l’action culturelle est en revanche assez homogène au sein de la région, entre 5 euros et 7 euros par habitant pour la plupart des départements (8 sur 12) ; la Savoie (13 € par habitant) se distingue ainsi que l’Ardèche (11 € par habitant) tandis que la Drôme et le Cantal consacrent 3 euros par habitant à ce domaine.

Les dépenses culturelles de la collectivité régionale Auvergne-Rhône-Alpes : 60 millions d’euros
Deuxième région française la plus peuplée, elle réalise le sixième budget culturel régional (58 M€). En 2019, la part de ses crédits en investissement (plus du tiers) est supérieure à celle de la moyenne des collectivités régionales (28 %). L’effort budgétaire de la collectivité apparaît inférieur à l’effort moyen, aussi bien en fonctionnement (1,7 % contre 2,4 % en moyenne pour les collectivités régionales) qu’en investissement (1,3 % contre 1,9 %). Les dépenses culturelles représentent ainsi 7 euros par habitant contre 11 euros par habitant en moyenne. Les trois quarts des dépenses culturelles concernent les activités artistiques et l’action culturelle (soit 45 M€), comme pour l’ensemble des collectivités régionales.

Les dépenses du ministère de la Culture en Auvergne-Rhône-Alpes : 25 euros par habitant
La région Auvergne-Rhône-Alpes bénéficie du deuxième plus important volume de crédits hors Ile-de-France (plus de 200 M€), qui représente 25 € par habitant, montant très proche de la moyenne régionale (26 € par habitant, hors Ile-de-France). Les crédits de fonctionnement s’élèvent à près de 176 M€, soit 22 euros par habitant, avec la masse salariale.
La répartition départementale des crédits du ministère en région est appréhendée hors masse salariale ; le département du Rhône, siège de la métropole et capitale régionale de Lyon, concentre 40 % des crédits ministériels, l’Isère (Grenoble) 15 % des crédits, le Puy-de-Dôme - siège de l’ancienne capitale de l’Auvergne, Clermont-Ferrand - et le département de La Loire (Saint-Etienne) respectivement 10 % et 9 % des crédits. Ces quatre départements, dotés chacun d’une métropole, regroupent ensemble près de 60 % des habitants de la région. Bien que troisième département le plus peuplé de la région, la Haute-Savoie ne voit se localiser une partie des crédits ministériels que dans une proportion comparable à celles des sept départements restants de la région (de 1!!!% pour la Haute-Loire à 5 % pour l’Allier).

Pour en savoir plus : 

Insee, comparateur de territoires : https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/1405599?debut=0&q=comparateur+de+territoire
Insee, statistiques locales : h https://statistiques-locales.insee.fr/#c=indicator&view=map3
Insee, l’essentiel sur… -> par région : https://blog.insee.fr/ma-region-cest-lessentiel/
Insee, statistiques locales dossier complet : https://www.insee.fr/fr/statistiques/zones/2011101
Commissariat général à l’égalité des territoires, Observatoire des territoires : https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/portraits-et-comparaisons-de-territoires
Marion Pollet-Veber, « Auvergne-Rhône-Alpes : entre complémentarité et recherche d’un nouvel équilibre », in Eric Janin (sous la dir. de), Les 18 régions françaises, Ellipses, 2017